Cinema

Marlen Khoutsiev, le père de la Nouvelle Vague Russe, est décédé

Marlen Khoutsiev, le père de la Nouvelle Vague Russe, est décédé

23 mars 2019 | PAR Antonin Dubois

Le cinéaste d’origine géorgienne, figure de proue de la nouvelle vague soviétique, est mort ce mardi à Moscou à l’âge de 93 ans.

Né le 4 octobre 1925 à Tbilissi en Géorgie soviétique, Marlen (acronyme de Marx et Lénine) sort diplômé de la faculté de cinéma moscovite à 27 ans. Quatre ans plus tard, il coréalise son premier film avec Felix Mironer, Le Printemps dans la rue Zaretchnaia, où il suit de manière extrêmement réaliste le quotidien d’une jeune enseignante arrivée dans une ville de province pour donner des cours du soir aux ouvriers. Le film est un véritable succès propulsant Khoutsiev en représentant phare des «films du dégel», période qui fait se succéder à Staline et au jdanovisme l’esprit d’ouverture de Khrouchtchev.

En 1958, dans Les Deux Fedor, Vassili Choukchine revient dans son village au lendemain de la guerre et se prend d’amitié pour un « petit Fédor », gamin plein de vie. Et c’est en 1962 que sort La Porte d’Ilitch, sans doute son œuvre la plus célèbre, ou il s’intéresse aux déambulations et interrogations existentielles de trois jeunes hommes dont les pères sont morts au cours de la Grande guerre patriotique contre l’envahisseur allemand. Le film, censuré par Khrouchtchev, sera amputé, remonté et distribué sous un autre titre. Il faudra attendre 1988 pour que sorte la version originale.

En 1966, Pluie de juillet évoque une rupture sentimentale en miroir de la rupture politique. Accusé de colporter des idées bourgeoises, le film voit sa diffusion limitée. Khoutsiev se tourne alors vers la télévision et tourne en 1970 C’était le mois de mai. Il relate la découverte d’un camp de concentration par des soldats de l’armée rouge. Il revient au cinéma au milieu des années 80, sous Gorbatchev, avec Postface en 1984 et Infinitas en 1991.

En une cinquantaine d’années de carrière, Marlen Khoutsiev n’aura réalisé qu’une dizaine de films. «Je ne peux pas faire autrement : j’aime observer le changement des saisons dans mes films, procéder lentement, en rassemblant mes réflexions. Il ne me suffit pas d’avoir un sujet, une histoire», expliquait-il. Assez méconnu hors de la Russie, ce cinéaste aura néanmoins totalement transformé le cinéma russe. «Khoutsiev a carrément révolutionné notre monde», affirmait mardi le metteur en scène Pavel Lounguine.

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Antonin Dubois

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