Fictions
La promesse américaine de Samuel Corvair. L’engagement est-il tenu ?

La promesse américaine de Samuel Corvair. L’engagement est-il tenu ?

11 septembre 2022 | PAR Bernard Massoubre

Samuel Corvair est un diplomate français. Il vit à Boston aux USA. La promesse américaine est son premier roman. Son immersion sur trois décennies dans une certaine Amérique est intéressante mais la construction du récit déstabilise le lecteur.

Dag, chanteur d’un groupe de rock français, tombe amoureux de Joyce une belle californienne. Aussi, il décide de la suivre à Los Angeles pour vivre son rêve américain. Mais, très vite, l’aventure vire au cauchemar.

La promesse est tenue

Même si lalocalisation géographique n’apporte pas de plus-value, l’auteur valorise la description des personnages et l’intrigue.

En effet, Samuel Corvair a une vision fine de la psychologie (et de la psychiatrie) des protagonistes. En premier lieu, il analyse avec justesse le mécanisme mental de Warren, l’ancien ami de Joyce, qui est un meurtrier psychopathe. Et, il aborde aussi les névroses transgénérationnelles entre le père de Dag, revenu traumatisé de la guerre d’Algérie, et son fils. Enfin, last but not least, Corvair met en lumière la manipulation perverse, insidieuse de Joyce à l’encontre de Dag.

La promesse n’est pas tenue

L’engouement des Français pour les États-Unis commence dans les années 60-70 pour des raisons diverses, mais ce n’est plus le cas maintenant. Cette destination n’est plus à la mode (à part New York et San Francisco) et les préjugés contre les Américains perdurent dans notre pays.

Dans son roman, l’auteur, pourtant résident américain, ne valorise pas son pays d’accueil, il n’arrive pas à traduire l’engouement de Dag pour le nouveau continent.

De plus, à la fin du livre et en quelques pages, Samuel Corvair plonge le lecteur dans l’Amérique d’Obama et de Trump. C’est surprenant car il n’y a pas de liens avec les précédents chapitres.

Certes, la vengeance est le fil rouge de ce roman mais la construction n’est pas suffisamment charpentée. Aussi, la promesse américaine de Samuel Corvair laisse une impression d’inachevé : c’est dommage.

La promesse américaine de Samuel Corvair. Éditions Plon. 240 pages, 19,90€.

 

Visuel : première de couverture du roman

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