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Jacob Banks, roi moderne de la Soul

Jacob Banks, roi moderne de la Soul

28 septembre 2018 | PAR Donia Ismail

Dans le dernier épisode de Chaos X TouteLaCulture, nous avons tiré le portrait sonore d’un artiste à la voix magique, transcendante même, venue d’autres temps où la Soul régnait en maître sur les États-Unis, le tout baigné dans une douceur R&B puissamment moderne. Voici Jacob Banks.

Parfois, il suffit d’une note, d’une voix pour vous scotcher à votre siège, pour remettre en question tout ce que vous avez déjà entendu, ressenti ou même vibré. Car si les mains sont l’indicateur par excellence de l’âge, la voix, elle, trahit, mente, fabule parfois. L’artiste que nous vous présentons impressionne par ses prouesses vocales. A 27 ans, il chante comme les plus grands artistes de Soul, pourtant c’est dans le R&B qu’il s’ancre profondément. Un paradoxe à lui-même, un mélange entre neuf et vieillot, un voyage dans le passé et un bon dans le futur en me?me temps. Enfin, bref, une tuerie.

C’est dans l’antre d’Itunes, à la recherche d’une nouvelle bande son pour notre vie que nous rencontrons ce chanteur, britannique d’origine nigériane. Jacob Banks. Il avait un nom pour devenir célèbre. Nous pressons play, Dear Simone se lance et nous découvrons alors une voix.

Et ce qui est énervant, parce que oui ce Jacob Banks en devient énervant tant tout lui semble facile, chaque note parait atteignable, même par le plus inexpérimenté. Et pourtant, c?a ne l’est pas! Sa voix si brute, si pure et si éreintée navigue à travers cette eulogie musicale. Un grain qui nous fait frissonner et nous laisse littéralement bouche bée

Cependant cette voix évolue et à vu d’oeil ou plutôt à l’oreille. On l’entend. On la ressent. Elle s’amplifie, devient de plus en plus profonde. Elle sort de ses tripes, portant en elle les douleurs et les émotions cachées par l’artiste. D’ailleurs, c’est ça qui séduit: cette violence vocale, ce coup de poing.

À mi-chemin entre deux continents

Jacob Banks arrive au Royaume-Uni à l’âge de 13 ans. Il grandit, se lance dans des études d’ingénieur civil. Puis un jour, à 20 ans, il s’achète une guitare, sans trop savoir pourquoi. Sa maison est cambriolée, il perd tout, sauf sa guitare. Il y voit un signe et se met à la gratter. Puis il compose à côté.

En 2014, Il décide de parier sur son talent et part à Londres. La fameuse radio BBC Radio 1 l’invite à se produire. Il devient alors, le premier artiste non signé dans un label à participer à l’émission. Il y reprend Magic de Coldplay.

Une casquette sur le crâne, Jacob Banks parait un chouïa stressé?. Mais pourtant, il ne perd rien de sa puissance vocale. Les années passent, il se fait une petite notoriété? au Royaume-Uni. Il sort deux EPs, The Monologue et The Paradox. Mais il faudra attendre 2017, et l’EP The Boy Who cried Freedom, pour se faire connaître plus largement.

Une chanson et un clip fondamentalement politique, dans Chainsmoking on y voit entre autre un homme noir, une femme voile?e se faire battre par un policier. Perpétuellement, ils se le?vent, le poing levé, comme pour montrer qu’ils sont invincibles. Chainsmoking fait l’effet d’une bombe, et très vite on se l’arrache. Guettant les artistes en devenir, le Color Show l’invite.. Il troque alors la casquette au bonnet. Au micro, il interprète avec une telle grace Mercy.

Seul face au micro, il bouffe l’espace. Un crooner des temps modernes, adepte non pas de smoking pimpant, mais de mode streetwear. Ce style urbain en de?calage avec sa voix si Soul. Et d’ailleurs, c’est ça qui séduit. Une voix qui vient des temps anciens, ou? la Soul régnait en maître sur Détroit ou Memphis, avec toujours cette petite touche de modernité? Il crée un son, à proprement dit. Inouï, un perpétuel me?lange entre vieux et neuf, sans que l’un ne de?passe l’autre. Et comme dans un grand bol, il y me?lange influences caribéennes, africaines, le tout saupoudre? de R&B et d’Hip Hop hérite? de ses écoutes compulsives du rappeur canadien Drake ou encore de Kanye West.

Très vite ses ondes blues et soul enchantent l’Hexagone. Taratata l’invite, France Inter lui de?roule le tapis rouge, Le Monde lui consacre une page et nous chez TouteLaCulture on en tombe raide dingue. Il multiple les présences sur nos ondes. A? l’image de cette douce balade musicale chez Blogothèque.

A présent, il est partout. Icone de la pop culture, ses chansons se retrouvent dans des jeux vide?os comme FIFA 2019 -si ça ce n’est pas la signe de la notoriété !-, dans les bande originales de films. Lui devient égérie de Puma et me?me de Givenchy.

Un nouvel album bientôt disponible

Cris de joie! On l’attendait avec impatience. Lui nous disait en juillet 2017, lorsque nous l’avons interrogé dans une interview fleuve, que l’album sortirait en septembre dernier. Avant de se raviser, de de?caler la sortie d’un an, par besoin de fignoler l’album, de le peaufiner. Etre sûr, précis et concis, ne pas rater sa chance.
Il y a quelques semaines, il annonçait la sortie de Village, prévue pour le 2 novembre 2018. Alors pourquoi un tel nom? L’expression provient du proverbe africain, « Il faut tout un village pour e?lever un enfant », une façon de célébrer toutes les petites choses, les événements, les inspirations musicales, qui ont fait de lui cet artiste impressionnant.
En somme, une ode a? ce qu’il est, un homme entre deux continents, deux cultures, et plusieurs genres de musiques. On a écouté l’album et on peut vous dire, sans grande surprise, que c’est du lourd, oui, du grand Jacob Banks.

Village, le premier opus de Jacob Banks, sera disponible dès le 2 novembre. Il sera en concert à Paris, le 15 décembre au Trianon à Paris. 

visuel: ©GraceRivera

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Donia Ismail

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