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Hommage à Arnaldo Pomodoro à la Galerie Tornabuoni

Hommage à Arnaldo Pomodoro à la Galerie Tornabuoni

22 mai 2011 | PAR Yaël Hirsch

Alors que l’Ambassade d’Italie expose dans sa cour la monumentale sculpture « Lancia di luce II » (7 mètres de hauteur) d’Arnaldo Pomodoro pour fêter les 150 ans de l’Indépendance italienne, la Galerie Tornabuoni expose une cinquantaine d’œuvres de l’artiste, retraçant ainsi son parcours des années 1960 à nos jours. Après Fontana, Alighiero e Boetti et Ceroli, c’est donc le quatrième artiste italien que la galerie de l’avenue Matignon propose de redécouvrir de manière exhaustive.

Les grandes sculptures de bronze d’Arnaldo Pomodoro ne sont plus à présenter. Devant les Nations Unies à New-York, sur la Plazza Pier Luigi Nervi de Rome ou devant l’UNESCO à Paris, ces majestueuses œuvres  de bronze arraché de l’intérieur pour laisser transparaître des signes, sortes de hiéroglyphes venus de civilisations antérieures, sont familières à tous depuis les années 1960. (Pour un tour du monde des œuvres de Pomodoro in situ, cliquez ici). Inspiré par Brancusi, proche de Fontana dans les années 1960 au sein du groupe Continuità et maître incontesté depuis son prix international de la sculpture à la Biennale de São Paulo en 1963, Arnaldo Pomodoro a créé en 1999 sa fondation dans la banlieue de Milan. Celle-ci est installée dans une ancienne fabrique de turbines hydrauliques et ses 3 000 m²  de surface dans une nef de 15 m de haut permettent d’observer grandeur nature les sculptures monumentales de l’artiste. Elle est également un haut lieu de promotion de la sculpture en général et un laboratoire ainsi qu’un lieu de dialogue pour de nombreux artistes.

Actuellement, les deux étages de la Galerie Tornabuoni proposent aux parisiens une rétrospective de l’œuvre de Pomodoro à travers 50 œuvres. Dans ce contexte à la fois luxueux et intime, le visiteur se rend compte à quel point les sculptures de Pomodoro s’adaptent au contexte, puisqu’elles se fondent avec élégance sur les murs, dans la moquette beige et même dans l’espace art déco du bureau.

Au rez-de chaussée, on redécouvre ainsi les sphères de Pomodoro, en modèle réduit, et notamment une « Sphère avec sphère » (1995-1997) de 80 cm de diamètre très proche de la sculpture qui trône devant l’ONU. Quasiment en  vitrine, les Stèles (I, II, III, 2.5 mètres de hauteur, 1997)  attirent également l’œil, et l’on comprend que le poids du bronze n’empêche pas le mouvement, puisque les stèles entrent en rotation. Sur le mur du fond, la galerie présente pour la première fois au monde l’œuvre unique « Continuum », un bas relief de 5 mètres de long qui dégage l’aura mystérieuse d’une  pierre portant les inscriptions d’une civilisation disparue.

 

L’escalier transparent permet d’avoir un panorama des sculptures exposées au sous-sol. Parmi celles-ci, un arc monumental de 5 mètres de long (2000), qui fait penser à une corne d’abondance. Très représentatifs de l’art de Pomodoro, les « Papyrus » font oublier la rigidité du bronze pour se plier contre le grand mur blanc. Au centre de la pièce, on peut également  observer une reproduction de 1m20 de haut de la fameuse « Grande Porte Marco Polo » de l’exposition universelle de Shanghai (2010).

Spécialisée dans l’art italien de la deuxième moitié du 20e siècle, la Galerie Tornabuoni offre ici une rétrospective digne des plus grands musées.

Notez également que cet évènement Pomodoro à la Galerie Tornabuoni s’accompagne de la publication d’un catalogue trilingue (Italien – Anglais – Français) qui en plus des visuels des 50 œuvres exposées, comporte une véritable monographie, un texte critique de Bruno Cora et d’une préface de Jacqueline Risset (Editions Forma).

 

Visuels :
Grand Format : Continuum II (Continuum II), 2010; Bronze 80 x 150 cm. Copyright Barbareschi

Sfera con sfera (Sphère avec sphère), 1995-1997 Bronze, diamètre 80 cm. Copyright Tornabuoni Arts

Arco (Arc), 2000; Bronze 210 x 510 x 20 cm. Copyright Paolo Mussat Sartor

Papiro II (Papyrus II), 1985-1986; Bronze 210 x 110 x 50 cm. Copyright Dario Tettamanzi

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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