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Un « Grand soir numérique » à la Philharmonie de Paris avec la Biennale Nemo

Un « Grand soir numérique » à la Philharmonie de Paris avec la Biennale Nemo

28 janvier 2018 | PAR Victoire Chabert

En quelques décennies, le numérique a envahi nos vies et il serait illusoire de penser que la création musicale y est restée insensible. Après les mémorables « Turbulences numériques » de 2015, l’EIC et Nemo, Biennale internationale des arts numériques, se retrouvent pour un nouveau «Grand soir» qui manifeste à quel point la culture digitale imprègne aujourd’hui la création musicale.

Le numérique est l’interface idéale pour unir différents médias, il permet de travailler en même temps tous les types de matériaux (son, image, …) C’est cette caractéristique qu’exploite Alex Augier, qui a entamé la soirée avec «_nybble_», une spectaculaire performance audiovisuelle. Seul sur scène, entouré de quatre écrans qui donnent à voir des mouvements de particules, il cherche à récréer, grâce à des processus algorithmiques, l’organicité apparente de la nature.

À la suite d’un changement de décor, un quatuor atypique composé de l’allemand Alexander Schubert, est entré en scène. Tous équipés de capteurs de suivi de mouvement, les musiciens peuvent façonner sons et traitements électroniques, en temps réel. Avec la création «Serious Smile», ils interrogent les nouveaux outils numériques et les mutations parfois insidieuses qu’ils induisent. L’œuvre va jusqu’à donner l’illusion que ses interprètes sont eux-mêmes une projection numérique.

Après une entracte, on a plongé dans «Any Road» la performance de Daniele Ghisi. Fort d’une formation en mathématiques, le compositeur prend le numérique à la fois comme une source d’inspiration, un mode d’expression, et même un outil premier de composition. Le projet «Any Road» découle de son intérêt particulier pour le caractère purement musical du jeu vidéo, qui vient de la relation symbiotique entre son, image et geste.

Ensuite, on a assisté au «Concerto» de Rune Gerlup, contrepoint instrumental de la soirée qui a fait office d’exception. Energique et très contrastée,  la partie soliste au piano était virtuose. Rune Gerlup, a reproduit le «logiciel» du concerto pour mieux s’en libérer, en jouant sur la tension entre la forme classique et ses propres idées musicales. Cette soirée s’est achevée sur «Continuum», une performance quasi mystique conçue par Paul Jebanasam et Tarik Barri. Leur installation immersive aspire à «une exploration en trois temps de la vie, de la puissance et de l’énergie de l’univers». Ainsi, durant une demi-heure, des effets vidéo abstraits ont répondu aux mélodies interrompues et aux bourdons distordus.

«Grand Soir numérique», coproduction Ensemble intercontemporain, Arcadi Ile-de-France,Philharmonie de Paris En partenariat avec l’Ircam – Centre Pompidou Dans le cadre de Némo, Biennale internationale des arts numériques – Paris/Ile-de-France produite par Arcadi Ile-de-France

La playlist triste mais, finalement pas que …
Le Menteur de Corneille dans une mise en scène enigmatique de Julia Vidit à la Tempête.
Victoire Chabert

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