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Gill Scott Heron : Du ghetto au paradis, debout

Gill Scott Heron : Du ghetto au paradis, debout

30 mai 2011 | PAR Pascal

Gill Scott Heron jouera désormais du piano électrique au paradis des musiciens et chantera dans un jardin imaginaire loin des ghettos, l’hiver en Amérique. Il parlera, un bonne bouteille devant lui de l’oeuvre de Dieu avec le Vilain du racisme. Gilbert Gill Scott Heron, initiateur du rap à base de rythmique jazz & soul est décédé dans un hôpital de New-York le 27 mai 2011.

Poète incontesté de la culture Black d’Harlem, penseur révolutionnaire et visionnaire, né le 1er avril 1949, cet expert initiatique de la performance scénique aura porté l’âme de la contestation de la rue à la face du Président Nixon ou Reagan. Il fut l’un des premiers artistes à dénoncer l’apartheid.

Fils d’une Flèche noire (son surnom) joueur de football, Gilbert démarra part un roman « le vautour » qui ne connut aucun succès. Au début des années soixante-dix qui voit l’explosion des labels noirs américains, il sort l’album Small Talk at 125th & Lennox avec le soutien de Bob Thiele et comme coauteurs Brian JacksonHubert LawsBernard PurdieCharlie SaundersEddie KnowlesRon Carter et Bert Jones, tous musiciens de jazz de renom, mais également passionnés par l’expérimentation et la fusion des éléments musicaux. Il y dénonce le pouvoir médiatique (l’un de ses thèmes favoris tout au long de sa vie avec le célébrissime « Revolution will not be televised ») et la méconnaissance de la vie populaire.

Pieces of a man sera son premier album qui rencontrera un succès et chacun de ses albums par la suite aura une tonalité forte, impliquée, lyrique et puissante à la lueur d’un blak power objectif, laïc, poétique et très personnel.

Quelques incontournables :

 

  • Winter in America
  • Revolution will not be televised
  • Secrets
  • Ghetto style, produit par Camden Records, le label de Gil Petersen le génial DJ qui signait et produisait à la même époque Jamiroquai.

 

On a beau être journaliste-chroniqueur et faire dans sa vie quelques nécrologies, je dois dire pour ma part la particulière tristesse que j’éprouve avec la disparition de Gill Scott Heron dont la voix grave et brute inspira un chant de révolte devenu traditionnel, comme peuvent l’être les chants rituels. Il ouvrit ainsi la porte à Grand master Flash (The Message) et au street art sur des grooves simples et incomparables au Fender Rhodes et aux basses façon James Jamerson (Stax records) qui seront samplées à leur tour pour porter d’autres flows vocaux. Ses albums sont tous bien plus que des traces, ils sont bibliques, une bible juste de justice et de talent, dans l’esprit du Preacher d’Horace Silver, au-delà de tous les sermons de tous les temples, car telle est la force de la musique, la sienne.

 

Découvrez la playlist Gill Scott Heron avec Gil Scott-Heron

 

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Pascal

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