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Edito : Les lettres de la noblesse dans la culture d’aujourd’hui

07 janvier 2012 | PAR Yaël Hirsch

Au mois de janvier, à peine remis des festivités de décembre, le calendrier nous donne encore une fois l’occasion de nous réunir autour d’un gâteau aussi nourrissant que savoureux : la galette. Si cette dégustation et la tradition de « tirer les rois » est devenue largement commerciale, elle n’est pas tout à fait sans histoire. Par delà l’imagerie chrétienne des « rois mages en Galilée » (voir ci-dessous notre playlist de fête), cette coutume correspond aux saturnales romaines, où pour un jour les rôles étaient inversés et des rois et reines d’un jour étaient élus (avec des fèves). Leurs désirs devaient être exaucés toute la journée…

Ce 6 janvier 2012, toutelaculture.com vous propose un dossier gouteux et léger qui revisite par la culture cette jolie tradition de bouleverser pour un jour toutes les hiérarchies. Or quoi de plus immuable que le sang bleu des rois et des reines d’un jour que l’on « tire » aussi démocratiquement qu’à Athènes lorsque nous partageons la galette ? Vous proposant de vous servir de guide pour les meilleures gâteaux « des rois » de Paris, nous sommes allés chercher derrière la frangipane et la pâte feuilletée, dans nos domaines de prédilection.

Le Théâtre est bien évidemment le berceau du renversement de tous les ordres sociaux, de Molière à Beckett, tout s’inverse, se renverse et se reconstruit. Les maîtres et les valets s’échangent leurs parures,  « Un ver de terre » peut être « amoureux d’une étoile » comme le dit Ruy Blas magnifiquement mis en scène par Christian Schiaretti. En 2012, jeux de rôles entre nobles et roturiers continuent de tournoyer sur scène, et la noblesse est encore totalement bancable dans nos plus grands théâtres. Même si nous n’écoutons plus beaucoup d’odes aux rois, la pop music s’inspire également beaucoup de l’univers de la noblesse pour en secouer les codes à grands renforts de rythmes et de rimes. Enfin, si la télévision et les séries ont transformé les nobles en drôles d’animaux pour mieux moquer les travers humain, le 7e art semble, lui, privilégier les figures féminines de la noblesse. Sur grands écrans, marquises, comtesses et princesses, marchent d’un pas lent, ployant sous l’ennui d’une fonction qui les oppresse. Il ne semble pas si facile d’être mis à part, et ce même pour être au sommet de l’ordre social…  Aujourd’hui pourtant, certaines figures royales, tel Manvendra Singh Gohil parviennent à s’échapper des codes intransigeants que dicterait le haute naissance.

Objet d’Histoire, qu’on restaure et qu’on redore, comme la salle de bain de Marie-Antoinette, le sang bleu coule et coulera néanmoins encore longtemps dans les œuvres qui nous renvoient l’image de notre époque. La Noblesse inspire encore largement nos artistes, surtout quand il s’agit d’en montrer les coulisses.

Bonne lecture de ce dossier à la fois léger et impertinent, classique et anticonformiste!

Et encore une fois : Excellente année 2012 à tous nos lecteurs. Puisse-t-elle être noble au sens le plus universel et créatif du terme !

La rédaction.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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