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Chiara Lubich, une vie de dialogues et d’unités

Chiara Lubich, une vie de dialogues et d’unités

21 mai 2011 | PAR Coline Crance

Chiara Lubich est née à Trente en 1920. Son père, socialiste, perd son travail à cause de ses idées politiques et sa famille tombe dans l’extrême pauvreté. Elle doit donc, très jeune, travailler pour financer ses études à l’université : au début des années 1940, elle devient enseignante dans une école primaire de sa ville natale et s’inscrit à la faculté de philosophie de l’université de Venise. Le 7 décembre 1943, elle décide de consacrer sa vie à Dieu. Face aux exactions et destructions commises lors de la Seconde Guerre Mondiale, elle a l’intime conviction que c’est le seul idéal qui ne s’écroule pas. Cette date est le début officiel du Mouvement des Focolari qui aura un impact spirituel et social à dimension mondiale.

 

Chiara Lubich est une personnalité qui a marqué le XXeme siècle par sa très grande spiritualité. Son œuvre dite « œuvre de Marie » n’a cessé de grandir depuis ce fameux 7 décembre 1943. Chiara tout le long de sa vie a placé l’amour au milieu de tout malgré les obstacles, les doutes et les souffrances. Sa foi incommensurable en Dieu et en l’homme a été guidé par deux images bibliques très fortes, à la fois celle de Jésus abandonné , criant son abandon au père « Mon dieu, mon dieu pourquoi m’as-tu abandonné » ( Mt 27,46) mais aussi l’image de Marie, mère désolée regardant son fils mourir sur la croix. Entourée de quelques compagnes, elle commence peu à peu à divulguer et à partager sa foi autour d’elle en redécouvrant l’Évangile et en la vivant au quotidien. De telles grâces ne sont pas nouvelles dans l’histoire de l’Église, on peut penser Ignace de Loyala ou encore Benoît de Nursie. Mais la spécificité de Chiara réside en ce qu’elle a vécu cet appel « collectivement », c’est à dire avec le petit groupe de personnes qui l’entoure à cette époque, principalement des femmes.

Le chemin est long et ardu, mais le message clair et limpide qu’elle propose lui attire rapidement la sympathie de beaucoup de personnes. Parcourant l’Italie, Chiara Lubich cible peu à peu les grandes lignes de la mission pour laquelle elle s’est sentie appelée par Dieu. Marquée en 1947 par le livre du père Veuthey Croisade de l’Unité, elle redécouvre la prière de Jésus à son père «  Que tous soit un » qui devient une ligne directrice du mouvement des Focolari. La recherche de l’unité fonde l’idéal du mouvement. Cet accomplissement de l’Évangile se fait dans l’amour et dans le respect de chacun. Cette dimension et cette lecture de l’Évangile contribue à donner une ampleur et une dimension importante au mouvement.

Le respect mutuel et l’amour est considéré par Chiara Lubich et les membres du mouvement comme un principe présent dans toutes les religions. Le dialogue inter-religieux guide les pas de Chiara Lubich et caractérise l’esprit d’ouverture de ce mouvement catholique. Les Focolari interviennent notamment en Europe de l’Est où de nombreuses personnes sympathisantes se retrouvent malgré les interdictions du régime soviétique. La dimension sociale et humanitaire complètent de plus en plus la dimension religieuse.

Au milieu des années 1970, commence réellement pour le mouvement des focolaris le temps du dialogue inter-religieux. L’événement «  fondateur » remonte à l’année 1977. Le 6 avril, Chiara reçoit le prix Templeton pour le progrès des religions au Guildhall de Londres. Elle rencontre les personnalités du milieu protestant, se lie d’amitié avec le patriarche Œcuménique de Constantinople et entreprend de rapprocher Chrétiens d’Orient et d’Occident.

Lors de la remise de son prix, elle déclara «  Cette rencontre soudaine et si spontanée avec des autres personnes d’autres religions, qui m’a fait sentir immédiatement comme une de leurs sœurs, m’a fait une grande impression et a été un événement qui m’a expliqué la volonté de Dieu sur le Mouvement ( …) Désormais nous devons aussi être déterminés à aller vers nos frères d’autres religions , pour voir ce que le Seigneur accomplit. »

Deux ans plus tard , elle rencontre une éminente figure du bouddhisme, le révérend Nikkyo Niwano, fondateur de la Rissho Kosei-kai, une organisation extrêmement active dans le domaine du dialogue inter-religieux qui l’invite à Tokyo pour parler de son expérience spirituelle à 10000 bouddhistes. ( A présent les contacts sont extrêmement forts entre les deux mouvements et se poursuivent dans différentes régions du monde). La résidence d’été pontificale offert par le pape Jean Paul II au mouvement permis d’organiser d’autres rencontres. Ajahn Thon, autorité religieuse en Thaïlande, vient à Rome discuter avec Chiara Lubich. La communauté juive de Rome offrit un olivier à Chiara qui se voulait le symbole très fort de leur reconnaissance envers sa contribution au dialogue entre juifs et chrétiens.

Deux ans plus tard en 1997, la sacred Heart University de Fairfield dans le Connecticut décerna à Chiara le titre de docteur honoris cause en sciences humaines pour la contribution qu’elle avait apportée au dialogue inter-religieux. Le Rabbin Jack Bemporad à l’origine de l’initiative déclara : « Je sais que l’action du Focolare , je sais que l’action de Chiara continuera pendant 100 ans, 500 ans, 1000 ans car elle repose sur deux fondements : premièrement, l’idée de l’amour , deuxième, l’idée de l’unité. »

La même année, Chiara fait part de son expérience devant plus de 3000 musulmans à la mosqué de Shabbaz Harlem à New-York où elle reçoit l’amitié sincère de l’imam W.D Mohammed. Elle voyage par la suite en Inde , rencontre la communauté hindous, voyage en Afrique, notamment chez les Bwanga à plusieurs reprises… Elle crée aussi des lieux et des rencontres de discussions entre les croyants et non croyants.

Le mouvement des Focolari est reconnu comme une organisation non gouvernementale depuis 1987 par l’ONU. Elle reçoit le prix de l’UNESCO pour la paix en 1996.

Chiara Lubich s’est éteinte le 14 mars 2008, ses obsèques ont été célébrés dans la basilique Saint Paul-hors-les-murs. Le 7 juillet 2008, Maria Voce est désignée pour lui succéder. Comme Chiara le voulait, une femme doit être à la tête du mouvement. Elle est établie par statut et assistée d’un président et des conseillers élus en Assemblée. La présidente reste le signe de « l’unité de l’œuvre ».

source : Chiara Lubich d’Armando Torno, édition Nouvelle cité , prix : 18euros

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Coline Crance

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