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A vau l’eau, ou comment suivre le courant marin…

A vau l’eau, ou comment suivre le courant marin…

07 décembre 2013 | PAR La Rédaction

Leurs shows sont de vraies bouffées d’oxygène au cœur d’une Fashion Week de plus en plus formatée. Jean Touitou pour APC, Olympia le Tan et Jacquemus injectent une bonne dose d’humour à la française. Il fait bon respirer l’air marin de leurs défilés.

Ingénue, juvénile, habillée trop court, voilà la jeune fille de l’été 2014 imaginée pas certains créateurs made in Paris. C’est la fille française qui part en vacances. Rien à voir avec une quelconque idée de la tendance « Spring Break ». Les collections pétillantes inspirées par le bord de mer ne se ressemblent pas mais ont toutes la particularité de sortir du rang. La mode se joue d’elle-même tout en créant des pièces phares pour l’été prochain.

Des shows non formatés
Exit les Beau Arts et autres lieux communs des défilés parisiens, certains pensent autrement, envisagent des endroits un brin plus décalés. Première surprise, Jacquemus plante le décor : la salle d’arcade La tête dans les nuages du 2e arrondissement de Paris. Ses mannequins arpentent la salle de jeu, entre les flippers et les consoles. La tête, on ne se la prend vraiment pas dans ce décor qui respire les années d’enfance. Le défilé, intitulé « La Grande Motte », s’inspire de la station balnéaire kitsch à l’architecture des années 50 que l’on retrouve dans les coupes. Même ambiance pour la jeune créatrice Olympia Le Tan. Après le musée de la chasse pour sa précédente collection, elle opte pour les fonds marins. Et c’est à l’intérieur de l’aquarium de Paris que la mode se mélange aux poissons. Les mannequins déambulent au milieu des requins dans une ambiance pop et marine.

Ces dernières aussi sortent du lot. Alors qu’Olympia le Tan fait défiler sa sœur et quelques amies parmi les tops, Simon Porte enfile les tenues Jacquemus à ses copines, inspiratrices et muses. Jean Touitou, le créateur d’APC, ne veut plus de filles trop minces. Il brise les conventions en refusant la surenchère qui entoure les défilés. Retour au minimalisme avec, en guise de défilé, une simple présentation.

Il était une fois…
Il était une fois…l’inspiration. APC dévoile « la salope de l’île de ré ». La présentation de la collection est accompagnée d’un discours du créateur en personne. Là où les autres font un signe de main timide, Jean Touitou impose sa vision à travers une critique de l’hyper sexualisation de la femme. Hormis pour les prostituées, il ne comprend pas le besoin de la sexualiser en la perchant sur des talons trop vertigineux. Il donne son point de vue, en somme, et rêve de « désexer » l’habit. Les femmes devraient séduire les autres femmes, et non pas les hommes, avec leurs tenues. Il ajoute avec humour que si des filles portent des talons à la plage, ce sont probablement des Russes.

Ce n’est pas à l’île de ré que les filles de Jacquemus se baladent mais à la Grande Motte, station balnéaire du sud de la France, en vogue dans les années 70. Quelque peu désuète, la Grande-Motte reprend ses lettres de noblesse grâce à Simon Porte. Cet autodidacte de la mode se joue des conventions et du ringard en offrant des silhouettes juvéniles tout droit sorties des 90’s. Il raconte l’histoire d’ «une fille qui part en vacances à la Grande-Motte, tombe amoureuse et vend des glaces ». Tout un programme ! Il dit privilégier la création d’un univers plus que les vêtements en eux-mêmes. Ses tee-shirt clament gentiment « J’aime la vie » et ceux d’Olympia le Tan de répondre par : « Une fille dans chaque port». Chacun sa devise.
La reine des minaudières en forme de livres va puiser du côté de Lord Jim pour ses motifs. Intello mais pas trop, sa collection fait s’entrechoquer deux univers totalement différents : La pin up feat le moussaillon. Kitsch et charmant. Les filles, sexy en diable, arborent les tenues de la marine revisitées, jouant entre innocence et malice.
Chacun possède son propre univers, sa propre histoire qu’il met en scène.

Tout petit, mini bikini
La tendance est intrinsèquement la même chez les trois créateurs : Du court, du court et encore du court. Les filles au bord de l’eau en 2014 seront légèrement vêtues. Les hauts cropés vus chez Jacquemus répondent aux micros shorts et mini jupes de la collection Olympia le Tan. Chez APC, les filles ne s’embêtent pas à porter de bas. On est à la plage, que l’on soit sexy ou pas, la touche marine est de mise et le court aussi. Les motifs marins d’Olympia Le Tan rappellent la collection d’un autre jeune styliste français. Le créateur Julien David surfe à son tour sur la vague, déclinant le thème des sept mers à travers toutes sortes de motifs marins pixélisés, des algues à la bouée en passant par les navets des îles. La naïveté est de rigueur. C’est drôle et portable, les deux points fondamentaux de cet été. Sans prétention, ces créateurs collent à l’air du temps tout en revendiquant leur singularité par l’humour.

Dorothée Chiara.

Visuel : Rayure marine même à « la piscine » sur le site de Jacquemus.

Visuels : 1 & 2 : défilé Olympia Le tan (Facebook officiel de la marque) et 3 & 4 défilé Jacquemus (site de la marque)

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