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Skinheads de John King, le skin version originale.

Skinheads de John King, le skin version originale.

20 octobre 2013 | PAR Le Barbu

skinNé en 1960, John King occupe une place à part dans la littérature anglaise. Il a connu un succès immédiat avec son roman Football Factory, adapté au cinéma en 2004. Dans Skinheads, il donne la parole aux classes prolétaires britanniques, dans une ambiance qui mélange grisaille, chaleur humaine, déprime et fierté, à mi-chemin entre Ken Loach et Irvine Welsh.

This is England…

Être skinhead, c’est être directement lié au son de la Jamaïque : The Israelites de Desmon Dekker and the Aces, Prince Buster et le mythique One Step Beyond, Jimmy Cliff, Laurel Aitken, Dave Barker, Ansell Collins, Clancy Edge, Skinhead Moonstop de Symarip, et les labels Trojan Records, Palma et Torpedo.

Être skinhead, c’est porter des Doctor Martens rouge cerise et Harrington, remonter ses jeans Levi’s 501 cigarette dans le style Prince Buster, porter un cardigan Fred Perry et une chemise Ben Sherman.

Être Skinhead, c’est porter les cheveux court, c’est être une Rude boy, un Mod, un Hardmod qui ne s’est jamais assagi.

Être skin, enfin, c’est être fier d’être britannique, être fier des soldats anglais qui ont combattu le fascisme pendant la seconde guerre mondiale, c’est aimer sa patrie, aimer l’Union Jack.

Skinheads de John King, à la manière du film This is England, nous permet de mieux appréhender ce qu’est réellement un Skin. Car dans la plupart des esprits, le skin est le Bonehead, l’abruti de facho, le milicien d’extrême droite qui occupe le devant de la scène médiatique, et qui finalement parasite l’image du skin de la première heure issu du milieu populaire et ouvrier. Au point que certains sont obligés de se renommer « SKIN SHARP » (Skinheads against racial préjudice).

Alors certes, le skin n’est pas un tendre. Et parfois la frontière entre les plus durs et les Boneheads est mince, arborant un look plus dur, crâne rasé, adepte du Oi, détestant les bobos de gauche et les étudiants friqués, tous ces merdeux qui crachent sur l’Angleterre et la Grande-Bretagne dans un contexte où le chômage est une plaie suppurante.

« Il regarda les visages autour de lui, l’éventail des âges, le mélange des styles qui, il devait le reconnaître, n’était pas toujours possible quand il était plus jeune. C’était idiot, ces skins et ces punks qui se battaient, ces punks et ces mods qui se battaient, ces mods et ces rockers qui se battaient. […] Le Oi et le punk étaient censés rapprocher les prolos, pas les diviser davantage. […] La seule fierté qui reste aux travailleurs c’est le rôle qu’ils ont joué pendant la seconde guerre mondiale, parce qu’avoir vaincu les Allemands et écrasé Hitler et Mussilini est la seule chose que tous ces connards de riches ne pourront jamais enlever au peuple… »

A lire absolument, et à encaisser comme un grand « coup de boule » aux clichés sur les skinheads anglais.

John King, Skinheads, traduit de l’anglais par Alain défossé, Points éditions, format poche, 7.60 euros, Sept 2013.

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Le Barbu
Le Barbu voit le jour à Avignon. Après une formation d'historien-épigraphiste il devient professeur d'histoire-géogaphie. Parallèlement il professionnalise sa passion pour la musique. Il est dj-producteur-organisateur et résident permanent du Batofar et de l'Alimentation Générale. Issu de la culture "Block Party Afro Américaine", Le Barbu, sous le pseudo de Mosca Verde, a retourné les dancefloors de nombreuses salles parisiennes, ainsi qu'en France et en Europe. Il est un des spécialistes français du Moombahton et de Globalbass. Actuellement il travaille sur un projet rock-folk avec sa compagne, et poursuit quelques travaux d'écriture. Il a rejoint la rédaction de TLC à l'automne 2012 en tant que chroniqueur musique-société-littérature.

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