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« Sinatra et la mafia » de Véronique Chalmet, « work hard, play hard »

« Sinatra et la mafia » de Véronique Chalmet, « work hard, play hard »

17 avril 2013 | PAR Le Barbu

ACH003310561.1362459569.580x580Véronique Chalmet, écrivain et journaliste, qui a enquêté de longues années aux Etats-Unis, vient de publier son dernier ouvrage : « Sinatra et la mafia » (Editions Payot et Rivages). Dans cet ouvrage elle nous raconte l’histoire des liaisons sulfureuses – et dangereuses – de Frank Sinatra avec les patrons italo-américains du syndicat du crime. Franck Sinatra, « The voice » pour ses fans, était aussi appelé « The Mouth » (la grande gueule, celui qui parle trop) pour ses amis mafieux. Et ça a failli lui coûter la vie !

« Franck Sinatra n’a jamais tué personne, et s’est toujours défendu de tout rapport avec la mafia ; pourtant les gangsters peuplèrent sa vie tant professionnelle que privée (…) Bien loin de l’image policée que le crooner donnait à ses fans, il partageait bien plus que les origines italiennes des mafieux ; il avait fait siens leurs codes, leurs mœurs, leur soif de pouvoir ».

On apprend dans cet ouvrage fascinant que Franck Sinatra était un proche du parrain des parrains, le capo di tutti capi, Lucky Luciano. Le légendaire chanteur américain Frank Sinatra ne faisait pas qu’animer les bals des réunions de mafieux à Cuba. Il aurait aussi servi de transporteur de fonds pour la Mafia, et il a même failli être arrêté en possession d’une valise contenant 3,5 millions de dollars en liquide. Les douaniers avaient voulu fouiller cette valise, mais ils avaient finalement renoncé en raison de l’attroupement provoqué par la présence de la star.

Frank Sinatra a toujours démenti tout lien avec le crime organisé. Des documents du FBI rendus publics en décembre 1998, sept mois après sa mort, dépeignent toutefois le chanteur comme un ami proche de Sam Giancana, parrain présumé de la mafia de Chicago. Les documents du FBI laissaient également entendre que Franck était soutenu à ses débuts par un racketteur du New Jersey nommé Willie Moretti, cousin du parrain Franck Costello, dont Martin Scorsese s’inspire pour son film Les Infiltrés En 2006. « Big Franck » doit une grande partie de sa carrière au célèbre Lucky Luciano et à son rôle d’ambassadeur des patrons de la pègre auprès du clan Kennedy. A cette époque le show-business est entre les mains de la mafia italo-américaine. Les carrières se font et se défont sous l’influence des mafieux qui blanchissent leur argent en investissant dans des projets de studios de productions comme Columbia Pictures des frères Cohn. Sinatra, avide de célébrité et de réussite, a su tirer profit de la capacité de persuasion de ses amis… Il mène une vraie vie d’affranchi, des rouleaux de billets verts plein les poches et toujours accompagné de ses gorilles. Quand Harry Cohn refuse de prendre celui qu’il traite de tocard et de nabot dans son film Tant qu’il y aura des hommes, un des lieutenants de Luciano lui fait vite comprendre qu’il a une dette envers la mafia.

« Je n’aimerais pas avoir à te descendre, Harry ».

Sinatra obtient finalement le rôle pour lequel il reçoit l’oscar du meilleur second rôle. Harry Cohn n’a jamais retrouvé de tête de cheval décapité dans son lit, mais la réalité est tellement proche du film Le Parrain

La vie de Franck est un véritable roman noir. C’est un personnage passionné, instable, alcoolique et suicidaire, amoureux de ses flingues et des femmes qu’il collectionne. Avide de pouvoir et de réussite, « The Mouth » s’identifie tellement à ses amis mafieux qu’il est capable de tabasser ou de faire tabasser celui qui le critique, ou qui aurait l’audace de le contester.

Un ouvrage à lire absolument !

Genre : Documents
Collection : Documents Payot

Grand format  | 208 pages.  | Paru le : 13-03-2013  | Prix : 18.00 €
Editions : Payot

 

 

 

 

 

 

 

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Le Barbu
Le Barbu voit le jour à Avignon. Après une formation d'historien-épigraphiste il devient professeur d'histoire-géogaphie. Parallèlement il professionnalise sa passion pour la musique. Il est dj-producteur-organisateur et résident permanent du Batofar et de l'Alimentation Générale. Issu de la culture "Block Party Afro Américaine", Le Barbu, sous le pseudo de Mosca Verde, a retourné les dancefloors de nombreuses salles parisiennes, ainsi qu'en France et en Europe. Il est un des spécialistes français du Moombahton et de Globalbass. Actuellement il travaille sur un projet rock-folk avec sa compagne, et poursuit quelques travaux d'écriture. Il a rejoint la rédaction de TLC à l'automne 2012 en tant que chroniqueur musique-société-littérature.

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