Fictions
« Seule en sa demeure », le roman attendu de Cécile Coulon

« Seule en sa demeure », le roman attendu de Cécile Coulon

31 août 2021 | PAR Marine Stisi

Après l’immense succès d’Une bête au paradis, le nouveau roman de la poétesse et autrice Cécile Coulon est un des évènements de cette rentrée littéraire. L’Iconoclaste publie Seule en sa demeure, un livre percutant aux allures de thriller historique qui tient le lecteur en haleine.  


Dans la brume des pins

Au cœur d’une forêt sombre au XIXe siècle, une riche demeure jurassienne abrite secrets et silences. Le lieu, si important dans les romans de Cécile Coulon, prend encore une fois ici la place même d’un personnage. Il est décrit dans ses moindres recoins, de sorte qu’il nous apparaît très distinctement, pour ne plus nous quitter jamais de toute notre lecture.

Aimée, jeune fille à l’innocence évidente, vient de quitter l’heureux foyer familial pour être mariée à Candre Marchère, un riche propriétaire dont elle ne sait rien, si ce n’est qu’il fut marié autrefois avec une jeune femme morte peu de temps après leurs noces d’une tuberculose terrassante. Le fantôme de la défunte flottant dans l’air, son pieux époux terré dans un silence mortifère, Aimée a bien du mal a trouver sa place dans cette grande maison qui ne lui inspire aucune confiance. 

Elle ne trouve guère non plus de réconfort auprès d’Henria, servante historique de la famille qui semble connaître les lieux mieux que quiconque et qui y cacherait presque un fils dont on n’entend jamais la voix quand par hasard, son ombre se fait apercevoir dans le parc. Sa seule distraction, elle la trouve auprès de sa professeure de musique, Emeline, une femme libre qui ne laisse pas le corps d’Aimée indifférent, frémissant sous les doigts de l’enseignante. Elle lui inspire aussi la confiance suffisante pour lui confier ses craintes et ressentis à propos de sa nouvelle famille… Et si ce qu’elle ressentait était vrai ? Pourtant, la victime dans l’affaire n’est pas toujours celle que l’on pourrait croire.

Musée des horreurs

Cécile Coulon, avec une plume aussi puissante et addictive que celle à laquelle elle nous avait habitué avec ses précédents ouvrages, nous invite à venir visiter ce foyer des horreurs, spectateur.rices d’un mariage fait de non dits, de désirs inavoués, de liberté entravée. Mais l’aboutissement de l’intrigue – de ces intrigues tenues et insoutenables qui nous font dévorer un livre en quelques heures – n’est pas totalement à la hauteur de ce que laisse imaginer la première centaine de pages. Il y a peut-être même un peu de déception dans cette conclusion. Le livre, qui empreinte bien des idées au classique du genre, Rebecca de Daphné du Maurier, perd en surprise et en tension. C’est dommage, puisque c’était si bon. 

Seule en sa demeure, Cécile Coulon, L’Iconoclaste, 19€, 333 pages.

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Marine Stisi
30% théâtre, 30% bouquins, 30% girl power et 10% petits chatons mignons qui tombent d'une table sans jamais se faire mal. Je n'aime pas faire la cuisine, mais j'aime bien manger.

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