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Seth Greenland dépeint la Californie grimaçante dans Un bouddhiste en colère

02 octobre 2011 | PAR Yaël Hirsch

Auteur de deux rromans à succès, Mister Bones (Liana Levi, 2007) et Un Patron modèle (Liana Levi, 2008, droits acheté par Warner Bros pour l’adaptation cinématographique), Seth Greenland publie « Un bouddhiste en colère » en VF. Saisissant Palm Spring l’ensoleillée en pleines élections législatives, l’auteur dévoile avec cruauté les paradoxes et les faux semblants de personnages enfermés qu’il jubile décrire entrain de se noyer dans leur bocal. Sortie en librairies  le 6 octobre 2011.

A Palm Springs, Randall Duke est à nouveau en lice pour le Congrès. Mais alors que la réélection est supposée facile, il a en face de lui une concurrente de taille : la très belle et très sexy Mary Swain. Il décide donc d’extirper son frère de prison afin de jouer la fibre familiale… Sauf qu’entre temps sa femme qui se sent invisible s’offre du bon temps au Mexique avec sa prof de tennis et que son autre frère, Jimmy, un ex-flic est entrain de moisir sa vie ratée dans un mobil-home…un blogger renseigné et aigri qui se fait appeler Machiavel étale en public les vies privées de deux candidats au Congrès : Randall et Mary…

Poussant la cruauté jusqu’au sadisme, terriblement efficace dans la saisie des petits travers quotidiens qui mènent ses anti-héros à la catastrophe, Seth Greenland dépeint dans une langue aussi direct qu’un coup de poing sur le ring le petit monde étriqué de Palm Springs. Plusieurs classes et professions se croisent, et pourtant tout les chemins mènent à Rome : la cité éternelle de l’ambition, du mensonge et de la mesquinerie. Une bassesse à peine excusée par la dépression profonde qui touche tous les personnages. Aussi dur que divertissant.

Seth Greenland, Un bouddhiste en colère, trad. Jean Esch, 400p., 22 euros. Sortie le 6 octobre 2011.

« Poignarder un type marié présente un avantage, songe Nadine. Il n’a pas beaucoup de recours à sa disposition. Une fois seule, elle s’allonge sur son lit, en dorlotant Diablo, et elle regarde le Taser qu’elle a subrepticement détaché de la ceinture de hard pendant qu’il était aux toilettes. Pourquoi l’avait-elle poignardé avec une fourchette alors qu’elle pouvait se servir du Taser? Cela lui aurait permis d’exprimer ses sentiments avec plus de force. Si elle le lui avait fourré sous l’aisselle, il aurait cru que le diable en personne l’avait frappé avec une fourche. pourquoi faisait-elle toujours les choses à moitié ? » p. 77

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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