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Révélations sur la mort d’Hemingway

Révélations sur la mort d’Hemingway

21 juillet 2011 | PAR Johanna Galis

A l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort d’Hemingway, le deux juillet dernier, l’un de ses proches amis expose dans une lettre ouverte au New-York Times les raisons d’état, jusque-là souvent sous-estimées, qui auraient poussé l’écrivain au suicide. Hemingway, souffrant alors d’une grave dépression, était persuadé d’être sur constante écoute par le F.B.I et ce au vu de ses engagements politiques. A.E. Hotchner s’exprime pour rendre justice aux paroles de son ami et exposer une hypothèse de plus sur le suicide de cette figure majeure de la Lost Generation.

Dans l’un des derniers dialogues entre Hemingway et A.E.Hochner, l’écrivain souhaitait fuir à tout prix les micros posés, selon lui, dans sa voiture, dans sa maison et même au centre psychiatrique qui l’avait accueilli pour dépression et tentatives de suicides. Il racontait même avoir vu des agents fédéraux au centre. Au vu de sa santé mentale, personne ne l’avait cru. Et pourtant Hemingway avait un ferme engagement politique depuis la guerre civile espagnole où il avait pris place au côté des Républicains, pour par la suite devenir proche de Castro lors de la guerre froide. D’où ses relations houleuses avec les Etats-Unis à cette époque. C’est grâce à la pétition Freedom of Information, des dizaines d’années plus tard, que le F.B.I. avait sorti son dossier sur Hemingway. Ce dossier avait révélé qu’au début des années quarante J.Edgar Hoover avait placé Hemingway sous surveillance car il était suspicieux de ses activités à Cuba. Au fur et à mesure des années, des agents fédéraux avaient investi son intimité, le plaçant sur écoute et écrivant des rapports sur lui.
Pourtant, selon Lazare Bitoun, professeur de Littérature Américaine à Paris 8, il s’agirait, pour comprendre le suicide de l’écrivain, de regarder ses antécédents familiaux, son père s’étant lui-même suicidé, et sa philosophie littéraire «Son héros c’est le matador, celui qui décide la mort.».

Par sa lettre ouverte,  A.E.Hotchner a souhaité rendre justice aux dernières paroles de son ami.  Il s’agit pourtant de tempérer le  point de vue de l’auteur d’Hemingway et son monde: dans ses convictions littéraires, l’écrivain prônait celui qui savait vivre comme l’on apprend à reconnaître le temps de sa mort, celle-ci devenant alors rédemption.
Le suicide d’Hemingway reste un mystère, mais nombre sont de ceux qui cherchent à le comprendre, lui, l’écrivain, sa philosophie, ainsi l’éthique d’un homme engagé dans une époque aux inévitables tensions politiques.

Crédits: Ernest Hemingway in Kenya, 1953. Earl Theisen, photographer, LOOK Magazine Collection, Library of Congress, Prints & Photographs Division

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