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Publication de la correspondance d’Antoine et Consuelo de Saint-Exupéry, la fin d’un conflit d’héritiers

Publication de la correspondance d’Antoine et Consuelo de Saint-Exupéry, la fin d’un conflit d’héritiers

10 mai 2021 | PAR Léna Saint Jalmes

Gallimard a publié jeudi 6 mai un recueil d’une centaine de lettres et télégrammes, entre le couple de Saint-Exupéry. La correspondance met en lumière l’influence de la femme de l’écrivain, Consuelo, dans Le Petit Prince.

Les 160 lettres et télégrammes que se sont envoyés le couple entre 1930 et 1944 n’avaient pu être édités à cause d’un différend entre les héritiers d’Antoine de Saint-Exupéry-d’Agay et ceux de Consuelo de Saint-Exupéry. Gallimard publie cette correspondance accompagnée de croquis de l’écrivain, des dessins de Consuelo et de photographies diverses.

Je voudrais vous aimer mieux. Vous me l’apprendrez ? – Antoine de Saint-Exupéry

Un couple moderne et insaisissable : Antoine, génie de la plume et aviateur dépressif, Consuelo artiste avec une soif d’indépendance. La vie du couple est rythmée entre moments heureux et relation orageuse. Les lettres mettent en exergue leur amour et l’influence de Consuelo dans l’œuvre d’Antoine. Elle est sa « plume d’or », sa « pimprenelle » ou son « ange », il est son « papou », son « Tonnio »…

La première lettre d’Antoine est déjà une ébauche du Petit Prince : « Il était une fois un enfant qui avait découvert un trésor. Mais ce trésor était trop beau pour un enfant dont les yeux ne savaient pas bien le comprendre ni les bras le contenir. Alors l’enfant devint mélancolique. » La rose du Petit Prince n’est autre que Consuelo…

Consuelo chérie, petite Consuelo, priez pour votre Papou qui fait la guerre malgré sa longue barbe blanche et toutes les démolitions de son corps – Antoine de Saint-Exupéry (quatre jours avant sa disparition)

Antoine n’a pas pu connaître le succès du Petit Prince, publié en 1943 à New York puis en 1946 en France. Aujourd’hui, c’est plus de 200 millions d’exemplaires vendus et des centaines de traductions. En disparaissant le 31 juillet 1944, l’écrivain n’a ni descendant ni le moindre testament. Un accord de 1947 règle la succession : sa femme a la moitié des revenus tirés de l’œuvre, la famille Saint-Exupéry l’autre moitié et les droits moraux.

Consuelo meurt en 1979 et lègue ses droits à son secrétaire, José Martinez Fructuoso. Ce dernier publie des écrits de l’aviateur dans Antoine et Consuelo de Saint-Exupéry, un amour de légende. Les descendants de la sœur d’Antoine l’emmèneront devant les tribunaux. Il sera condamné en 2008. Mais six ans après, les d’Agay sont contraints de lui reverser de l’argent tiré d’un dessin animé du Petit Prince. Gallimard met alors fin aux différends.

 

Antoine de Saint-Exupéry, Consuelo de Saint-Exupéry : Correspondance, Gallimard, 25 euros.

Visuel : couverture du livre.

Agenda de la semaine : du 10 au 16 mai
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Léna Saint Jalmes

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