Polars
Les chiens de Pasvik, une enquête de la police des Rennes

Les chiens de Pasvik, une enquête de la police des Rennes

16 mai 2021 | PAR Ilan Lévy

L’intérêt des polars réside souvent dans leur atmosphère et leur géographie. La lecture d’Indridason permet de connaître l’Islande quand enquêter avec Wallander fait découvrir la campagne suédoise.

Une géopolitique inconnue

Qui se doutait que les pays nordiques, la Norvège en particulier, avaient une frontière avec la Russie… et ses nombreuses problématiques.
Tout au Nord de la Scandinavie, dans la très paisible ville de Kirkenes, la ville la plus septentrionale d’Europe, le voisin encombrant s’appelle la Russie.
La ville de Mourmansk n’est pas très loin et a abrité longtemps des sous-marins nucléaires soviétiques. Deux mondes totalement opposés, l’Occident et la Russie, se côtoient, cette atmosphère interlope est propice aux romans et polars.
S’y ajoute la civilisation sami (certains diront lapons, mais c’est dégradant) qui vit dans le grand Nord notamment de la chasse et du renne.
La rivière Pasvik sert de frontière « naturelle » entre Norvège et Russie, mais parmi les animaux et les hommes, certains, n’en ont jamais pris conscience.
Enfin, Kirkenes, la ville norvégienne est en train de passer chinoise, quand la mairie accueille à bras ouverts des compagnies chinoises qui veulent faire ce petit port de fin du monde, le point d’entrée des produits chinois en Europe

Un auteur français de polars nordiques

Après Henning Mankel, Indridason, Ragnar Jonasson, Viveca Sten, qui ont porté le policier nordique dans le monde entier et lui ont donné ses lettres de noblesse, l’auteur le plus en vue actuellement est français.
Olivier Truc est le plus français des auteurs nordiques. Correspondant de nombreux journaux, dont Le Monde depuis 1994, il a arpenté la Scandinavie et les pays baltes et s’en fait aujourd’hui l’interprète pour les Européens férus de polars.
Il a su en quelques romans imposer son style « scandinave » et la police des rennes, dont il délivre ici le 4ème opus. Il a reçu le Prix Quai du Polar pour sa série.

Les chiens de Pasvik

Klemet, l’enquêteur, ne travaille plus avec son ancienne partenaire Nina, qui occupe un poste élevé, donc stratégique dans cette région, aux douanes.
Toujours torturé par ses origines sami, un peuple dont il est issu, mais enfant passé par des foyers, il connaît mal cette culture, Klemet est affublé d’un officier de police finlandais peu sympathique et encore mois porté par les meurs particulières de cette région frontalière.
Dans cette atmosphère de bout du monde, la Russie est « partenaire » de la Norvège. Côté russe, FSB, mafia et corruption dominent la ville de Nikel où les ouvriers le plus souvent ivres pillent régulièrement les datchas des potentats locaux. L’auteur découvrira ici l’enrôlement de la jeunesse russe dans des mouvements patriotiques très poutiniens.
Rien ne devrait faire se rencontrer ces deux mondes si ce n’est le fleuve Pasvik, frontière, mais aussi passage entre les deux univers.
Et cette fois, de nombreux rennes norvégiens ont franchi la frontière, avant d’être tués et leurs langues arrachées. De l’autre côté des chiens enragés passent en Norvège
La police des rennes doit agir afin de découvrir pourquoi.
Entre mafia russe, corruption, revendications samies, Olivier Truc fait découvrir la profondeur et les secrets des civilisations du grand Nord.

Un polar à suivre tant pour l’enquête que pour la découverte d’un univers et d’un lien entre deux.

Olivier Truc, Les Chiens de Pasvik, Metailié, sortie le 11/03/2021, 432 p., 21 euros;
visuel : couverture du livre

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