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Patchworks parisiens écrit par Michaël Darin

Patchworks parisiens écrit par Michaël Darin

24 janvier 2012 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Petites leçons d’urbanisme ordinaire

Texte de Michaël Darin et photographies de Gilles Targat

Que nous vivions à Paris, que nous soyons touristes, amateurs de photographies ou que la ville lumière nous a fait rêver en film, nous le savons tous, l’architecture parisienne est exceptionnelle. Beaucoup de capitales présentent une unité dans leur architecture: la moderne Dubaï, par exemple, ou encore un style propre à chaque quartier comme c’est le cas de Londres mais Paris est unique. Chacune de ses rues a un visage qui surprend le passant et le pousse parfois à s’interroger. Des quartiers aux allures futuristes comme celui de la Défense  ou encore celui de la bibliothèque François Mitterrand au très traditionnel Montmartre investi par les touristes, il y a au détour de chaque rue des détails qui surprennent notre œil, nous amusent ou nous charment à condition de faire un peu attention. C’est à la découverte de cet insolite que ce livre nous emmène pour faire une visite de la capitale pas comme les autres.

Pour mieux nous faire découvrir les caractéristiques de l’urbanisme parisien, les auteurs de ce livre ont choisi de se centrer sur quatre thèmes principaux: les voisinages, les contours, les formes et les rencontres. Nous découvrons ainsi tout d’abord ce que nous serions tentés d’appeler les « bouches coins », ce que Michaël Darin qualifie poétiquement de « grains de beauté », à savoir les petites échoppes et les annexes de bâtiments qui se sont ajoutées aux grosses constructions urbaines, un peu comme des oiseaux ayant fait leur nid au sein d’un immense peuplier. De petites structures auxquelles d’immenses immeubles bouchent la lumière, des petits frères et des petites sœurs dans l’ombre de leurs modestes aînés. Suivent des silhouettes de bâtisses et des sommets inattendus: la grandeur ne rime pas toujours avec l’adjectif imposant. Charmant, modeste ou encore coquet sont même des adjectifs qui peuvent qualifier certaines hauteurs d’immeubles, qu’elles aient ou non été rajoutées après l’édification du bâtiment principal. Beaucoup de maisons ou de petits immeubles sont également pris en sandwich entre deux bâtisses de taille beaucoup plus élevées: ce sont ces voisinages parfois écrasants qui attirent le plus aisément l’œil du passant, fasciné par ces U improvisés.

Les plus récentes constructions ne sont pas moins en décalage que les anciennes: leur modernité détonne souvent lorsqu’elle voisine des immeubles haussmanniens. Les décalages de style sont surabondants à Paris également dans ce que Michaël Darin nomme « Joints » et « harpes » et que nous appellerions « collages », à savoir la manière dont les bâtiments se collent les uns aux autres, comme si c’était un drame de perdre le moindre centimètre d’espace.

Ce livre est particulièrement d’actualité, à l’heure où il est question de rehausser certains immeubles de notre capitale pour faire des logements sociaux supplémentaires dans les étages supérieurs. Chaque thématique de ce livre met en effet en évidence la densité de l’urbanisation parisienne: des bâtiments partout où il est possible d’en caser. Squares, parcs et cimetières seuls restent encore des respirations mais pour combien de temps? C’est presque un livre d’archives sur un Paris qui va disparaître que nous offrent ces auteurs car à la vitesse où change la capitale, dans moins de vingt ans, les patchworks auront bien changé. Des pages blanches en fin de livre vous invitent d’ailleurs à noter les nouvelles transformations que vous remarquerez.

 

 

 

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