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Où Tatiana de Rosnay montre que la Modernité n’est pas toujours si Rose

11 février 2011 | PAR Yaël Hirsch

L’auteure d’Elle s’appelait Sarah fait un bond en arrière dans l’histoire pour suivre une veuve d’une soixantaine d’année que les travaux haussmaniens de Paris du Second Empire privent de l’immeuble où elle a passé sa vie. Tous les ingrédients du phénomène de Rosnay sont là : les voisins, l’immeuble hanté, ainsi qu’une vie simple et heureusement banale cachant des fantômes du passé. Très documenté ce « Rose » est encore une enquête sur de vieux murs, bien plus haletante qu’une intrigue saturée de macchabées et de serial killers. En librairies le 3 mars.

Paris, à la fin du Second Empire. Rose Bazet, vive veuve d’une soixantaine d’années a rempli les dix dernières années de sa vie avec des romans et la compagnie de la charmante jeune fleuriste à qui elle loue sa boutique, à Saint-Germain des Prés. Rose a tout fait pour sauver son quartier des grands travaux haussmaniens qui ont détruit plusieurs vieilles rues autour de l’Église pour percer les grands axes que sont la rue de Rennes et le Boulevard Saint-Germain. Mais en 1869, il n’y a plus rien à faire et sa chère rue Childebert est évacuée pour être éradiquée de la carte. Trop imprégnée des souvenirs de 30 ans de vie de couple très heureuses,  Rose refuse de quitter ses souvenirs et se cache dans sa maison  jusqu’à la fin. La bourgeoise proprette vit quelques semaines dans des conditions terribles où elle entretient une correspondance imaginaire avec son défunt mari et lui avoue enfin son plus grand secret…

Parfaitement documentée, Tatiana de Rosnay fait revivre en historienne la vie de quartier du Paris du Second Empire. Dans un style de plus en plus épuré et efficace, l’auteur donne à voir, à sentir et à imaginer un monde disparu et pourtant encore très proche de nous. Ménageant son suspense, complexifiant la structure du livre par des échanges épistolaires, elle équilibre  parfaitement ses personnages pour éviter tous les poncifs – modernistes, comme  anti-modernistes. Chapeau bas pour cet excellent, roman tiré immédiatement à 70 000 exemplaires, et qui devrait à nouveau figurer sur les listes de best-sellers de plusieurs pays.

 

Tatiana de Rosnay, Rose, eho, 250p., 19 euros. Sortie le 3 mars 2011.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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