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Notre Salon du livre 2012

Notre Salon du livre 2012

20 mars 2012 | PAR Celeste Bronzetti

Le Salon du livre de Paris édition 2012 a ouvert vendredi dernier et a fermé ses portes cet après-midi, après un week-end d’ouverture au grand public et un lundi matin réservé aux professionnels du livre. Si l’nvité international de premier rang est le Japon, une série de rencontres et conférences autour de la littérature russe complétaient le profil intenational.

Notre petite incursion au Salon du livre 2012 de Paris, il faut l’avouer, est un peu contre-courant par rapport aux axes principaux autour duquel il s’est déroulé. Au lieu de se concentrer spécifiquement sur les invités 2012, notre attention a été attirée plutôt par les questions inusitées soulevées cette année. D’ailleurs, dans toute manifestation nationale importante, chaque moment ou coin  d’espace qui n’est pas forcément sous les projecteurs de la presse et du public, montre une spontanéité d’idées souvent étonnante.

Avec cet esprit, on s’est approchés des espaces collatéraux du Salon comme le quartier occupé par les éditeurs indépendants. Le Motif, organisme associé à la Région Ile de France qui s’occupe du livre et de l’écrit était présent, prêt à illustrer ses actions de renforcement du lien entre les exigences des professions du livre et les politiques publiques autour de l’édition. Mais il y avait aussi l’Association l’Autre Livre, désormais connue dans le milieu, pour ses contre-Salons organisés en automne, en opposition à la manifestation printanière officielle à Porte de Versailles. L’objectif principal de l’Autre Livre est celui de mettre en lumière les incongruités de ce type particulier d’économie qui est associée au monde éditorial. L’édito du journal présentant l’Autre Salon qui se tiendra en novembre prochain, est centré autour de la mise en place de la TVA à 7% de la part du gouvernement. La nouvelle taxation affaiblira structurellement le marché du livre, les petites maisons d’édition en premier. Le principe que l’Autre Libre appelle a reconnaître est que, de fait, le monde du livre fait coexister différents univers et différentes économies, mais que cette diversité n’est pas du tout respectée par des lois, comme celle de la taxe TVA, pensée plutôt pour les grands groupes d’édition. Cet « autre » auquel on se réfère prend , par conséquent, des contours bien définis: il ne s’agit pas tout simplement d’une forme d’opposition aux grands groupes éditoriaux, mais plutôt d’une prise de conscience de la pluralité qui caractérise le monde du livre, en tant que miroir du grand Monde.

L’adhésion à cet angle de lecture nous a poussés par la suite à suivre quelques conférences déclinantes, à notre avis, cette idée de pluralité que tout discours autour du livre devrait absorber.
C’est surtout dans l’espace La place des auteurs qu’on a participé aux débats les plus intéressants : comme celui qui prenait en compte l’art malaisé de la critique littéraire actuelle. Les écrivains invités, Claude Arnaud, Alain Dugrand et Pierre Jourde ont souligné la difficulté de leur rôle de guides critiques à l’époque où Internet donne l’illusion de l’accessibilité totale du Savoir.

Quelques heures après, assis à la même place, il y avait trois auteurs de nouvelles, genre si peu reconnu mais pourtant très représentatif de la fragmentation de toute connaissance contemporaine. Parmi les auteurs invités, il y avait une présence d’honneur, celle de Christiane Baroche, écrivaine française issue d’une formation scientifique et qui a eu du succès littéraire surtout grâce à ses recueils de nouvelles. Celui de la nouvelle est un genre qui se prête magnifiquement à la dégustation, comme l’écrivaine le souligne si élégamment. Il a aussi l’énorme potentialité de décrire la concentration des expériences, la diversité et la rapidité du temps vécu dans notre société schizophrénique. Pourtant, en vertu de sa brièveté, elle refuse toute forme de mauvaise écriture, qui ne pourra jamais se cacher derrière le poids plus considérable de l’intrigue, comme dans le cas du roman.

Le débat sur la nouvelle a complété un tour inhabituel au milieu du monde de l’écriture et de la lecture. Ce qu’on ramène du Salon du livre et de son édition 2012 est un itinéraire alternatif, qui a mis en lumière l’énorme et si paisible variété qui caractérise l’univers littéraire.

Rétromania oblige : soirée culture 90 le 24 mars au bataclan
Sempé, Nicolas Canteloup, Nicolas Tabary, Laurent Vassilian en dédicace au Salon du Livre (18/03/2012)
Celeste Bronzetti

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