Livres

Mouche’, Marie Lebey dresse un portrait tendre et simple de sa maman

16 décembre 2012 | PAR Yaël Hirsch

Alors qu’elle vient de disparaître,  Marie Lebey dresse le portrait tendre d’une mère  qui a su lui transmettre son originalité. Avec en filigrane et de profil un autoportrait d’une fille qui a pas mal emprunté à « Mouche' ». Un très beau livre, inscrit dans un style incroyablement vivant. Sortie le 16 janvier 2013.

Surnommée Mouchka, alias Mouche’ la mère de l’auteure est belge, fantasque, très cultivée et hantée par Proust, vacances familiales à Cabourg obligent. A moins que le refuge dans la référence culturelle soit une manière de se défendre de ressentir trop fort les remous de la vie. Un peu ridicule, parfois, à la Madame Verdurin, pouvant paraître froide même quand elle rétorque à sa fille qui lui annonce qu’elle a un cancer du sein que toutes les filles de ses amies ont la même chose, comme s’il s’agissait d’une mode et non d’une question de vie ou de mort! Et pourtant, cette femme ayant perdu très jeune son mari et fondu pour un grand chauve aimant en deuxième noce, déborde d’amour et de courage, à sa manière fantasque mais néanmoins communicative. Une originalité que sa fille, épouse de footballeur et mère de deux garçons qui la prennent pour une adolescente …

Lumineux, débordant d’amour et d’humour, Mouche’ peint en quelques touches une mère et une fille, leur comparaison, mais très peu leur relation. Et pourtant, cette dernière est là à chaque page, dans une complicité plus forte que la mort. Un amour inconditionnel, dans les deux sens, exprimé avec  toute la légèreté qu’il mérite, dans des mots virevoltants que Mouche’ aurait aimé, puisque cette grande lectrice reconnaissait que les livres de sa fille ont « un petit quelque-chose » (p. 124). Il y a un grand quelque chose dans la musique de Marie Lebey et une plume remarquable qui offre un livre de sa mère à la fois drôle, touchant et harmonieux.

 

Marie Lebey, « Mouche' », Leo SCheer, 125 p., 18 euros. Sortie le 16 janvier 2013.

« Je visais la première place, pas le milieu de tableau! L’excellence! Les émotions intenses! Pourquoi perdre mon temps avec monsieur tout le monde, alors que je pouvais vivre la même chose avec monsieur quelqu’un. Je n’étais attirée que par des hommes qui appartenaient à leur destin, et auxquels je ne m’attachais pas. des mythes de papier qui ne pouvaient pas me quitter. » pp. 77-78.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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