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Mort d’un clone, Pierre Bordage

Mort d’un clone, Pierre Bordage

13 janvier 2012 | PAR Marie Charlotte Mallard

Principalement auteur de science-fiction, Pierre Bordage signe avec Mort d’un Clone son premier roman de littérature générale. Un texte étonnant, voire déroutant, une tragi-comédie qui dresse un portrait cinglant de ce qui peut nous aliéner quotidiennement, une quête du « JE » qui entrainera Martial Bonneteau, personnage principal, dans des aventures ubuesques. Sorti le 5 Janvier 2012.

Un chroniqueur distancé et incroyablement cynique nous raconte la vie de Martial Bonneteau, la quarantaine, aigrie, clone parmi les clones, prisonnier de la routine et de ses frustrations, tant professionnelles que familiales mais surtout sexuelles. Après une énième insomnie jalonnée de questions existentielles, il se décide à entamer une petite rébellion sur son quotidien. Prendre le dessus sur sa femme, choisir de flâner avant d’aller travailler, des petits riens qui vont bouleverser sa vie et le plonger malgré lui dans une quête identitaire. Découvrant pour la première fois le désir de vivre, recouvrant grâce à une prostitué une sexualité virile, cet anti-héros va, à travers ses aventures, abattre un par un les murs qui l’emprisonnait et tenter de trouver enfin sa véritable personnalité. Hystérie familiale, adultère, coaching psychologique de groupe, autant de péripétie qui le mèneront jusqu’au combat final, un combat à mort : la mort du clone et la renaissance de l’Être.

Mort d’un clone, un livre surprenant, tellement cynique qu’il en devient comique. Pierre Bordage y dresse d’une plume savamment affutée, un portrait terriblement féroce mais incroyablement drôle d’une famille que le « Métro-boulot-dodo » a fini par engloutir. Les évènements s’enchainent tellement vite que l’on ne peut s’ennuyer, et l’on rit de ses aventures rocambolesques qui nous rappelle le théâtre de l’absurde ou même le vaudeville. Toutefois, la quête du JE intimement liée à la question de la sexualité, idée très freudienne, semble parfois exagérée. Néanmoins, ce livre pose dès le début de nombreuses et terribles questions auquel le lecteur, tout comme le personnage se retrouve confronté malgré lui : Qui suis-je ? Suis-je vraiment moi-même ou bien un clone forgé, modelé par la société et le regard des autres ? Suis-je toujours allé dans la bonne direction ou me serais-je perdu par la volonté d’autrui ?

 

 

 

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Marie Charlotte Mallard
Titulaire d’un Master II de Littérature Française à la Sorbonne (Paris IV), d’un Prix de Perfectionnement de Hautbois et d’une Médaille d’Or de Musique de Chambre au Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise, Marie-Charlotte Mallard s’exerce pendant deux ans au micro d’IDFM Radio avant de rejoindre la rédaction de Toute la Culture en Janvier 2012. Forte de ses compétences littéraires et de son oreille de musicienne elle écrit principalement en musique classique et littérature. Néanmoins, ses goûts musicaux l’amènent également à écrire sur le rock et la variété.

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