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Zéro pour l’éternité Tome 1

Zéro pour l’éternité Tome 1

21 avril 2013 | PAR Sandra Bernard

zero pour l'éternité t1

La Seconde Guerre mondiale, sujet difficile et source d’inspiration quasi inépuisable, trouve ici une nouvelle approche. A mi-chemin entre les lettres d’Iwo Jima et les têtes brûlées, Zéro pour l’éternité nous emmène sur les traces d’un fantôme familial.

Près de 70 ans après sa mort, un pilote de chasse de l’armée de l’air impériale japonaise sort de l’ombre grâce aux investigations de ses deux petits enfants, une jeune journaliste dynamique Keiko et un étudiant en droit désabusé Kentarô, le héros narrateur de l’histoire. A travers ses yeux et ses oreilles, le lecteur part à la rencontre d’un passé douloureux. Douloureux pour la famille de ce pilote mais également pour la nation entière, car ce jeune homme de 26 ans, père de famille et militaire de carrière est mort lors d’une mission kamikaze très peu de temps avant la fin de la guerre.

Le récit est à la fois une enquête sur une période trouble, induite par le devoir de mémoire, et sa méconnaissance par les jeunes générations et par une volonté du héros de retrouver ses racines. Ainsi, c’est par la petite histoire, celle à l’échelle humaine, que l’auteur nous narre la grande Histoire au moyen de grands flash-back. Au fil des témoignages d’anciens camarades et des enquêtes, c’est un portrait en creux de cet ancêtre disparu qui se dessine, les êtres les plus proches de lui étant disparus depuis longtemps. Les jeunes enquêteurs et les lecteurs se retrouvent face à un personnage à mi chemin entre le lâche et le héros, celui qui tenait à la vie plus que tout mais qui est mort au champ de bataille.

C’est aussi la confrontation de deux mondes, ceux des témoins qui ont vécu la guerre et celui des jeunes générations pour qui le mot kamikaze a radicalement changé de sens. La question du fanatisme et du terrorisme en temps de guerre est clairement posée lors d’un échange sur le 11 septembre 2001. Pourtant, on sent poindre une différence fondamentale difficilement explicable entre les soldats impériaux et les hommes qui ont perpétré les attentats aux États Unis.

« Zéro pour l’éternité » est une série courte de 5 tomes abordant un sujet archi-connu mais du point de vue japonais. Ici point de grandiloquence sur la patrie et le sacrifice, le choix d’une enquête rétrospective par de jeunes adultes permet d’aborder les faits avec recul et parfois une certaine naïveté.

Les dessins sont efficaces et jamais confus servant une narration fluide. Les passages entre époque présente et souvenirs se font sans confusions permettant de parfaitement s’immerger dans l’histoire.

A la fin de l’ouvrage se trouvent des notes explicatives sur les avions de chasse , etc.

« Zéro pour l’éternité 1 », de Souichi SUMOTO, SEINEN MANGA, 7.99 €, sortie le 16/01/2013.

Page sur le site de l’éditeur VF

© Souichi SUMOTO/

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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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