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Olympia Kyklos, les Jeux Olympiques antiques et modernes

Olympia Kyklos, les Jeux Olympiques antiques et modernes

29 mars 2021 | PAR Laetitia Larralde

Mari Yamazaki revient avec une nouvelle série sur le thème du sport et de la Grèce antique : Olympia Kyklos. Un premier tome qui peine à convaincre.

Au IVème siècle avant notre ère, Démétrios vit tranquillement dans un petit village de la côte grecque. Quand il ne travaille pas dans l’atelier de son maître à peindre des céramiques, il nage avec les dauphins et se languit de son amour impossible pour la fille du chef du village. Mais quand le village voisin tente d’annexer ses terres, Démétrios se retrouve contraint d’affronter leur champion dans une épreuve sportive de son choix. Tout à son désespoir, Démétrios, frappé par la foudre, se retrouve propulsé à Tokyo, pendant les Jeux Olympiques de 1964.

Après Thermae Romae, la nouvelle série de Mari Yamazaki reprend le même principe du personnage issu de l’Antiquité propulsé dans le Japon moderne, où il trouvera les solutions à ses problèmes. Mais ici, le procédé devient un peu trop artificiel. En effet, dans Thermae Romae le passage entre les deux mondes se faisait via les bains, dans Olympia Kyklos le héros est frappé par la foudre. Certes, la foudre ne lui tombe pas toujours sur le crâne, parfois sur son abri, parfois elle est symbolisée par des flashes, mais si les chances que cela arrive une fois sont minces, elles deviennent inexistantes pour que cela se produise en série. Si l’on veut bien mettre de côté ce détail, après tout le postulat de base du voyage dans le temps et l’espace étant tout aussi peu probable, l’impression d’être face à une histoire redondante et déjà vue persiste.

L’autrice prend beaucoup plus de libertés avec les reconstitutions historiques que dans sa précédente série. Ici, Démétrios rapporte des idées du Japon moderne sans les adapter à la Grèce antique : les danses des matsuri se font en yukata avec l’éventail japonais devant le temple grec. Si ces licences artistiques sont amusantes, comme la scène où deux gaillards courent nus avec un œuf dans une cuillère dans la main, on regrette malgré tout que la transposition de ce qu’a appris Démétrios se fasse de façon aussi littérale.

La description de Démétrios pose également un souci : lui qui rejette la compétition et le conflit pour vivre tranquillement dans la nature est souvent qualifié d’ « herbivore » par ses contemporains. Ce concept, qui désigne une attitude de désengagement des hommes japonais face à leur travail et à leur vie amoureuse, est relativement récent. Le voir utilisé hors contexte laisse perplexe, surtout appliqué à la Grèce antique.

Les explorations modernes de Démétrios donnent lieu à des réflexions sur le sport et l’esprit du sport. Il permet aux athlètes de se dépasser devant un public qui apprécie ses efforts, il galvanise et donne du courage aux foules, ou symbolise les espoirs d’un pays. En bref, le sport est un moyen d’expression positif. Mais la mention de Kôkichi Tsuburaya, qui a remporté la médaille de bronze en marathon à Tokyo en 1964 et s’est suicidé face à la pression de réitérer l’exploit aux jeux suivants, nuance le propos en mettant en avant l’aspect destructeur de la compétition.

Olympia Kyklos reste une lecture distrayante malgré la déception de son infériorité par rapport à Thermae Romae. Mais s’il n’y avait pas eu ce teasing sur l’apparition d’Osamu Tezuka dans le deuxième tome, il n’est pas dit que nous aurions eu envie de continuer la lecture.

Olympia Kyklos tome 1, de Mari Yamazaki
200 pages, 8,45€ – Casterman

Visuel : © Casterman

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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