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La rencontre dans le manga : entre coup de foudre et coup de poing mon coeur balance

La rencontre dans le manga : entre coup de foudre et coup de poing mon coeur balance

13 février 2014 | PAR Sandra Bernard

La rencontre, point fondateur d’une relation, est un instant fatidique. Défiance, attraction, c’est un saut dans l’inconnu, avec parfois à la clé de belles et /ou grandes histoires. Dans la narration quelle qu’elle soit, la rencontre est le signe d’un changement, voire d’un bouleversement qui précipite le récit.

Dans le manga, la rencontre est le plus souvent incroyable donnant lieu à nombre de péripéties. Seulement, chaque grand genre de manga a ses codes qui ne sont certes pas inflexibles mais bien établis. En effet, les rencontres dans le cadre de shojo, shonen ou seinen diffèrent. Est-ce à cause de leur finalité scénaristique ?

La rencontre magique ou extraordinaire est très présente dans les shojo et les shonen. Dans le shojo, principalement destiné à un public jeune et féminin, les sentiments tels l’amour et l’amitié y tiennent une place prépondérante. Souvent qualifié de sentimentaliste voire « gnangnan » le shojo est en train d’évoluer avec de nouvelles héroïnes féminines et fortes à la fois. Ainsi, la rencontre passive où le héros tombe parfois littéralement sur l’héroïne, encore de mise il y a quelques années, est de plus en plus rare et se cantonne aux shojo harem tel Alice au royaume de Cœur, puis de Trèfle, Pureblood Boyfriend ou La fleur millénaire, ou encore a des fins humoristiques comme dans  Parapal. Le type shojo/shonen harem a cela de particulier, que le héros ou l’héroïne est entouré presque exclusivement de membres du sexe opposé dont les apparitions successives donnent lieu à de multiples rencontres comme dans Zero no Tsukaima ou Kami nomi zo Shiru Sekai.

Les shonen ont également  recours aux rencontres magiques ou extraordinaires, mais  souvent dans le cadre de la camaraderie comme dans les chevaliers du zodiac the lost canevas chronicles où chaque jeune chevalier d’Athéna rencontre de nouveaux camarades (souvent féminins) au cours de leurs périlleuses quêtes. Dans Servamps, si la rencontre des deux héros est fortuite, l’arrivée des personnages suivants est des plus rocambolesque. Fate stay night raconte l’évocation de valeureux héros par de puissants mages dans un contexte forcement magique. Les protagonistes passent ensuite leur temps à se combattre les uns les autres.

Des séries à succès comme Escaflone, Ah! My Godess ou, plus récemment, Blood lad débutent par la rencontre de deux êtres issus de deux mondes différents dont les aventures multiples et incroyables entrainent un rapprochement certain.

Parfois, des rencontres tragiques et peu communes sont le point d’origine de récits comme dans Tokyo Ghoul, Alice in Borderland ou The Innocent par exemple. Ces titres représentent la part négative de ce saut dans l’inconnu qu’est la rencontre, mais une lueur d’espoir persiste toujours.

Plus rarement, les seinen ont également recours au merveilleux pour les rencontres de protagonistes. Ainsi, le très terre à terre Dans un recoin de ce monde use avec habileté de l’ambiguïté sur la rencontre du couple principal, rêve de l’héroïne ou non, à chacun de se faire sont idée.

Cependant, nombre de titres misent également sur des rencontres fortuites ou banales. Dans Hanayamata, la rencontre entre les deux protagonistes principales revêt également de la féérie, augurant d’une amitié farfelue mais extraordinaire. Il en va de même dans Césare ou l’amitié entre Angelo et Césare débute à cause d’un cheval fougueux.

Autres exemples, dans Kids on the slope et Silver spoon les héros se rencontrent dans le cadre très classique du lycée. Les différents volumes retracent l’évolution de leurs liens au fil des jours qui passent. Le lieu de travail est également un lieu privilégié pour faire des rencontres comme dans Emma ou dans  Woodstock.

Ainsi, on remarque que de manière générale, le type de rencontre oriente la suite de l’histoire. La variété des situations et les contextes parfois farfelus, oniriques ou tragiques révèlent un besoin de rêve, de fantasmes et d’évasion des lecteurs dans une société où les relations entres individus sont très codifiées et les rencontres difficiles. Le besoin d’inattendu, et les relations entre les personnages, qui se nouent au fil des cases, représentent donc un exutoire où chacun peut s’imaginer libéré des conventions sociales, entouré de personnes extraordinaires. En effet, si les japonais sont relativement méfiants vis à vis des réseaux sociaux accordant une grande place à la vie privée comme Facebook, les rencontres arrangées en vue de mariage ou les gokon (rencontre en groupe à l’aveugle) juste pour se faire des amis et plus si affinité, sont toujours monnaie courante.

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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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