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[LYON] « QUAIS DU POLAR », la ville en rouge

[LYON] « QUAIS DU POLAR », la ville en rouge

28 mars 2015 | PAR Jérôme Avenas

 

La onzième édition des « Quais du polar » ne déçoit pas. Rencontrer son auteur favori, glaner des conseils auprès des libraires, s’informer, discuter, découvrir, échanger avec d’autres amateurs du genre « noir », tout est possible. On peut même, grâce aux conférenciers de la fac de Médecine, apprendre les secrets des empoisonneurs et des zombies vaudous.

Il était courant, ce vendredi 27 mars, premier jour du festival, de croiser dans la rue des personnes, la brochure rouge du programme sous le bras. Dès onze heures du matin, certains se procuraient déjà des livres pour les mois à venir, de quoi passer le printemps et l’été à l’aise avec ses enquêteurs préférés. Le centre névralgique du festival se situe sur la Presqu’île. Au Palais du commerce (place de la Bourse) se tient « la grande librairie polar » : douze libraires de Lyon et sa région sur un même site, avec le planning des séances de dédicaces affiché à l’entrée. On peut échanger quelques mots sur l’identité écossaise avec Val McDermid (une trentaine de livres à son actif), par exemple, qui live-tweete le festival avec le très lyonnais hashtag #saucisson (c’est pratique). Sur le même stand, c’est Elizabeth George qui affronte souriante une cohorte de fans. À deux pas, l’Hôtel de Ville accueille des conférences. Au-delà du « simple » plaisir du texte, les enjeux littéraires et les préoccupations contemporaines portés par le genre « noir » sont discutés.

Mais les quais du polar nous mènent parfois sur d’étranges chemins, dans les cages d’escalier austères (et parfois sombres) de la fac de Médecine, par exemple. Sur les marches du musée Testut Latarjet (consacré à l’anatomie et l’histoire médicale) une discussion s’engage entre deux festivalières à propos du métier de croque-mort et des soins post-mortem. Ambiance. Le musée possède une collection criminalistique et la met en valeur le temps du festival. Les conférenciers du Droguier de la Faculté de Pharmacie de Lyon déconstruisent avec truculence et rigueur scientifique des mythes de la littérature noire. Du zombie aux sorcières, en passant par les empoisonnements célèbres, on nous explique tout à l’aide de quelques échantillons d’origine animale ou végétale  sélectionnés parmi le millier que possède le Droguier. Sur chacune des étagères qui nous entourent, il y a la possibilité d’un polar, l’outil du mode opératoire d’un serial killer.

Le festival se termine dimanche soir. Lyonnais ou de passage, il est le rendez-vous incontournable de votre weekend.

Photos : © Jérôme Avenas

 

 

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Jérôme Avenas

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