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Louis Althusser, « Des rêves d’angoisse sans fin », Récits de rêves (1941-1967) suivi de Un meurtre à deux (1985).

Louis Althusser, « Des rêves d’angoisse sans fin », Récits de rêves (1941-1967) suivi de Un meurtre à deux (1985).

29 septembre 2015 | PAR Le Barbu

“Le rêve est toujours en avance sur la vie : c’est une vérité absolument acquise, une vérité comme 2 et 2 font 4. Ce qui veut dire que la vie vérifie toujours ce que le rêve a discerné et conclu avant elle.” Ecrivait Louis Althusser en février 1958. Intimement convaincu du caractère prémonitoire des rêves, l’un des philosophes les plus influents de la seconde moitié du XXème siècle livre dans Des rêves d’angoisse sans fin un ensemble de récits de rêves conservés dans ses archives confiées en 1991 à l’IMEC. Le volume vient de paraître aux éditions Grasset/IMEC et permet de pénétrer davantage dans l’intimité d’un homme qui n’aura cessé d’être l’objet de multiples explications et spéculations – pour le meilleur comme pour le pire – en raison, bien sûr, de cet événement tragique : le meurtre de son épouse Hélène en novembre 1980.

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Pour ce dernier volume des œuvres posthumes de Louis Althusser (1918-1990), Olivier Corpet et Yann Moulier-Boutang ont sélectionné des récits de rêves rédigés par le philosophe pendant un quart de siècle. Il les avait soigneusement conservés dans ses archives, avec des notes sous la forme d’un journal, prises et rédigées avant ou après des séances avec ses différents psychanalystes. C’est cet ensemble de rêves qui permet de mieux comprendre les processus qui ont conduit Louis Althusser à commettre l’acte irréparable qui a fait du philosophe un meurtrier.
« Quand je suis sorti du rêve, il n’y avait plus rien. Rien qu’un bruit de sabots dans la gorge. Rien qu’une main qui dessinait sans fin dans l’air comme un contour. » écrit-il dans un de ses récits de rêve.

En épilogue paraît ici pour la première fois un texte troublant intitulé Un meurtre à deux : la note attribuée par Althusser à son psychiatre traitant après le meurtre de sa femme Hélène – mais dont tout donne à penser qu’elle est en réalité un dialogue avec lui-même…

Entre malaises existentiels et moments apaisés, entre exaltation et dépression, ces textes témoignent de l’épuisement physique, de l’angoisse, des névroses et des souffrances de Louis. Il dit lui-même : « les rapports avec mon inconscient ne sont pas de tout repos ».

Un ouvrage déroutant, un brin effrayant parfois, mais fascinant, et qui fait écho à nos propres angoisses, à nos propres fantasmes nocturnes.

Des rêves d’angoisse sans fin. Récits de rêves (1941-1967) suivi d’Un meurtre à deux (1985), de Louis Althusser, édité par Olivier Corpet et Yann Moulier-Boutang, Grasset/IMEC, 220 p., 20 €.

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Le Barbu
Le Barbu voit le jour à Avignon. Après une formation d'historien-épigraphiste il devient professeur d'histoire-géogaphie. Parallèlement il professionnalise sa passion pour la musique. Il est dj-producteur-organisateur et résident permanent du Batofar et de l'Alimentation Générale. Issu de la culture "Block Party Afro Américaine", Le Barbu, sous le pseudo de Mosca Verde, a retourné les dancefloors de nombreuses salles parisiennes, ainsi qu'en France et en Europe. Il est un des spécialistes français du Moombahton et de Globalbass. Actuellement il travaille sur un projet rock-folk avec sa compagne, et poursuit quelques travaux d'écriture. Il a rejoint la rédaction de TLC à l'automne 2012 en tant que chroniqueur musique-société-littérature.

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