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L’inabouti « Parlement des cigognes » de Valère Staraselski

L’inabouti « Parlement des cigognes » de Valère Staraselski

09 octobre 2017 | PAR Jérôme Avenas

Publié par les éditions du Cherche Midi, le texte de Valère Staraselski est resserré autour d’un témoignage : celui d’un vieil homme rescapé de la Shoah, fasciné par les cigognes.

[rating=2]

« Le Parlement des cigognes » est un tableau de Malecki exposé à l’étage de la halle aux draps (Sukiennice) de Cracovie. Dans cette annexe du Musée National, on peut voir l’une des plus grandes collections de tableaux polonais du XIXème siècle. À partir de ce tableau, Valère Staraselski imagine la rencontre entre un groupe de jeunes stagiaires français et un vieil homme mystérieux, en admiration devant « Le Parlement des cigognes ». Le texte est centré sur un témoignage, resserré autour du récit d’un rescapé de la Shoah. L’homme au nœud papillon de laine et canne à pommeau (en forme de tête de cigogne) raconte, transmet sa bouleversante histoire, sa fuite des convois de la mort, sa vie de bête traquée pendant des mois et des mois, échappant aux milices polonaises. Les six premiers chapitres organisent un contexte. Les jeunes gens visitent la ville au pas de course. Ils découvrent, étonnés, les traces de la présence passée d’une communauté juive, les vestiges d’un ghetto puis d’un camp de la mort avant de rencontrer le vieil homme à la halle aux draps. C’est un début maladroit qui met en péril tout le livre. Il esquisse des relations entre les personnages qui ne seront jamais précisées, abouties. Très vite, on se rend compte qu’il y a un problème formel qui brouille la lecture : trop resserré pour être un roman, trop dispersé pour être une « novella ». On est englouti par le témoignage. On oublie les autres personnages qui ne sont, finalement, qu’un prétexte. La valse-hésitation laisse un goût amer. Si l’on est profondément ému par le récit de Zygmunt, construit à partir de « témoignages réels livrés aux autorités polonaises » (nous assure un épilogue), le livre refermé, un sentiment d’inachevé perdure.

Valère Staraselski, Le Parlement des cigognes, Éditions du Cherche Midi, août 2017, 128 p, 15€.

Visuel : couverture du livre

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Jérôme Avenas

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