Fictions
“Les sables” : premier roman qui tout entier nous ensevelit

“Les sables” : premier roman qui tout entier nous ensevelit

18 août 2022 | PAR Marianne Fougere

Premier essai transformé pour Basile Galais, petit poucet qui avec Les sables joue déjà dans la cour des grands.

 

Un premier roman est toujours une fête. Joie de découvrir un nouvel univers. Émerveillement de voir des brides de voix se transformer en puissants murmures. Plaisir d’explorer de nouveaux territoires et, parfois, ce qu’ils ont de plus mouvant. Avec Les sables, la fête dépasse toutes nos espérances.

Pourtant, il y a de quoi être troublé quand on commence la lecture du roman de Basile Galais. La ville portuaire dans laquelle il situe son intrigue est aussi insaisissable que les êtres qui la peuplent. Que les événements qui les frappent. Ou, mieux, les ensevelissent. Au milieu des tempêtes et des dérèglements en tout genre, on navigue à l’aveugle. Au gré des disparitions. On ne peut se fier à rien et pourtant on se raccroche comme on peut aux perceptions des personnages, à leurs corps à mesure que s’égrènent les chapitres et que s’effiloche, avec eux, la réalité.

Toute la force des Sables est, en effet, de parvenir à nous plonger dans un univers immédiatement sensible alors que tout autour semble virtuel pour ne pas dire irréel. Ainsi, dans cette expérience immersive, la matérialité de la chair s’impose-t-elle comme le dernier rempart. La vérité des corps parle, seule à même de nous aider à discerner la frontière entre visions et réalité. Ce brouillard est contrebalancé par une écriture qui n’a rien de vaporeux, ni de fake. Comme les plus grands noms du polar, Basile Galais sait mettre tous nos sens en éveil. En état d’alerte permanent, nous pouvons alors mener avec lui l’enquête et rendre signifiants des détails auxquels, sans lui, nous n’aurions jamais prêté attention.

 

Basile Galais, Les sables, Paris, Actes Sud, sortie le 17 août 2022, 240 p. 21 euros.

Visuel : couverture du livre

 

 

 

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