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Les fiancées d’Odessa, un voyage impertinent dans l’Ukraine postsoviétique

02 janvier 2012 | PAR Yaël Hirsch

Traduit dans une douzaine de langues, « Moonlight in Odessa », premier roman de l’Américaine Janet Skeslien Charles paraît en février dans sa version française. Ode à la magnifique ville d’Ukraine et peinture acerbe des « Socials » unissant hommes américains célibataires d’un certain âge et jeunes ukrainiennes capables de s’exprimer en anglais mais rêvant d’un American way of life, ce roman impertinent et drôle met en scène une héroïne irrésistible.

Vivant seule avec sa Babouchka dans un appartement soviétique de la banlieue d’Odessa, la longiligne et anglophile Daria signe pour un emploi extrêmement bien payé  dans une société de transports israélienne. Malheureusement une partie du contrat consiste  aussi à coucher avec son séduisant patron d’âge mûr.Vive et brillante, Daria organise tout comme il faut (y compris les pots de vin) pour que sa boîte prospère, une bonne partie de son énergie est consacrée à éviter de passer à la casserole. Au bout de six mois, quand l’inéluctable doit arriver et que daria est sauvée in extremis par les services de sécurité, elle prend peur pour son emploi. Elle s’en trouve donc un autre comme traductrice et organisatrice pour une agence de rencontres en ukrainiennes jeunes belles et désargentés et vieux célibataires américains. Alors que l’accalmie arrive au bureau quand Daria trouve une maitresse en titre pour son boss, la jeune-femme se laisse prendre au jeu des rencontres et à rêver elle aussi d’une vie américaine. Au richissime et séduisant mafieux qui la courtise, Daria préfère le calme d’un californien tranquille qu’elle suit jusqu’aux abords de San-Francisco. Mais comment la brillante ukrainienne va-t-elle vivre sa vie de desperate housewife americaine?

Drôle, vif, plein d’ironie et de psychologie, le texte de Janet Skeslien Charles secoue, mine de rien, de nombreux clichés. véritable traducteur universel de l’Ukraine aux États-Unis, en passant par Israël « Les fiancées d’Odessa » fait preuve, sans aucun jugement, de féminisme international. Jamais caustique ou glauque, l’intrigue nous porte d’un continent à l’autre et à travers plusieurs milieux sociaux avec une fluidité tout à fait efficace. Un très beau roman.

« Les fiancées d’Odessa », de Janet Skeslien Charles, trad. Adélaïde Pralon, Liana Lévi, 450 p., 22 euros. Sortie le 2 février 2012.

« J’aimais l’entendre parler de son pays. J’imaginais un endroit magnifique rempli de lois et de sécurité pour tous. En Amérique, on protégeait même les arbres et les fleurs. » p. 40.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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