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Les Désarçonnés, Pascal Quignard avance dans le Dernier Royaume

30 août 2012 | PAR Ariane Kupferman Sutthavong

Sobriété est le maître mot de Pascal Quignard, fidèle au poste depuis tant de rentrées littéraires déjà. On ne présente plus l’auteur de Tous Les Matins du Monde ou des Ombres Errantes qui continue cette année sa “série” du Dernier Royaume, lui ajoutant un septième volume : Les Désarçonnés, enfilade de mythes sur la remontée d’une pente douloureuse.

Qu’ont donc en commun Montaigne, Abélard et Agrippa d’Aubigné? Ils se mettent à écrire parce qu’ils tombent de cheval. Désarçonnés, ils chutent pour mieux renaître, ou renaître différemment, du moins : “Il ne se rétablit jamais ; boita toujours ; écrivit toujours ; écrivit et boita.” nous dit l’auteur à propos de Pétrarque. La chute est le tremplin d’une création, l’occasion d’une réinvention de soi.

Le roman fonctionne comme un assemblage de paraboles, discours et connaissances, déclinant des exemples tirés à la fois de l’Histoire et de l’expérience personnelle de Pascal Quignard. Ce dernier, à travers cette métaphore du cheval, creuse au plus profond de la dépression avec une humilité et une sincérité touchantes. L’écriture fragmentée des Désarçonnés permet à l’auteur d’explorer à nouveau les thèmes qui lui sont chers, de la figure de l’artiste au couple sexe et effroi.

Pascal Quignard ne se renouvellerait que peu? Pourtant, ce septième volume du Dernier Royaume s’inscrit davantage dans la continuité d’une fresque littéraire, n’apparaissant pas du tout comme une redondance.

Pascal Quignard, Les désarçonnés, Grasset, 342 p.,20 euros.

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Ariane Kupferman Sutthavong

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