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L’écorchée vive, une histoire de gueule cassée de Claire Legendre

19 mai 2009 | PAR marie

lecorchee-viveBarbara était intelligente, drôle, sportive, douée en dessin. Et laide, affreuse, non : monstrueuse. Sa dysmorphose faciale empêchait quiconque la croisait  de maintenir le regard… Désormais, grâce à la mort d’une jeune fille et à une lourde chirurgie réparatrice, Barbara affiche une plastique respectable de la tête au pied. Du moins pour François son nouvel amoureux.

A François, Barbara n’a rien dit de ses journées traînées à l’hôpital, des systèmes D mis au point pour éviter d’effrayer les enfants de l’école, du psychiatre qui continue à la suivre et de son ancien visage. A quoi bon ? Lui l’a rencontrée comme cela, avec la gueule de la défunte, jeune, fraîche, presque banale. De la machine à café, ils sont descendus au parc courir puis elle, celle qui effrayait jusqu’aux aveugles, s’est glissée dans le lit de l’homme le plus convoité de l’entreprise. L’infographiste y serait-elle aujourd’hui si elle avait fait savoir que son minois n’était qu’un visage d’emprunt, un visage volé, modifié, baladé au bout d’un cou comme une tête de Jivaros religieusement portée par sa pique ? De toutes façons, l’ancienne (la tête) n’est plus, même ces photos envoyées anonymement sur lesquelles son visage d’enfant n’est qu’un trou béant le prouvent…

Ces deux Barbara, le monstre et l’amoureuse de François, la plume de Claire Legendre les incarne alternativement. L’expérience de la monstruosité est narrée de l’intérieur et, si le miroir et les regards des autres renvoient la jeune femme à son immondice, jamais le lecteur n’y est visuellement – par le truchement d’une description par exemple- confronté. En revanche, il est plongé dans les doutes de la « malade », dans ses histoires de cœur avortées et dans son « cahier des défauts » qu’en anti-esthète elle remplit depuis le lycée d’un joli coup de crayon et qui lui permet, figure anormale au milieu des sains, de déceler le monstre chez ses voisins. Un roman à gober, en écorché.

« Barbara réussit presque à y croire. J’ai été défigurée. Elle parle seule, en étalant la crème sur les joues. J’ai été défigurée. « Tu as un accident ? – Non c’est ma mère, elle ne voulais pas que je sorte, alors elle a serré les jambes comme une malade, et elle m’a un peu amochée. – C’est dégueulasse ! – Ouais, c’est vraiment dégueulasse. » Barbara se maquille. Elle adore ça : du bleu sur les yeux, du rouge sur les lèvres. Elle est soigneuse. Les collègues disent qu’elle est toujours très bien maquillée. Le dessin de la bouche, magnifique. Et a peau blanche… Barbara s’applique, devant le miroir de la salle de bains. Il fait chaud. L’angoisse peut descendre tranquillement le long de l’oesophage, avec un verre d’eau fraîche. » (p 63)

L’écorchée vive, de Claire Legendre, Grasset, Mai 2009, 249 p. 18 euros

Marie Barral

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5 thoughts on “L’écorchée vive, une histoire de gueule cassée de Claire Legendre”

Commentaire(s)

  • quintelier

    http://ecorchevive.blogspot.fr/ voici le lien d’une personne qui c’est permi de prendre vos droit d’auteur sans avoir eu votre accord.Je vous demande de lire precieusement ces articles car c’est scandaleux.

    novembre 21, 2012 at 13 h 38 min
  • devos

    bonjour
    je vous préviens qu une certaine personne appellé Isabelle Dupont vous a pris comme exemple pour ce créer un livre ayant des atteint au droit d auteur ceci est malhonnéte de sa part et une honte de salir la vrai histoire je vous donne le lien :http://ecorchevive.blogspot.fr/

    novembre 23, 2012 at 10 h 10 min
  • Antoine Dewintre

    @Lulu Berlu Dupont soit vous êtes naïve, soit vous ne connaissez rien au web. A la base votre message recopie sur le mur d’un de mes contacts facebook. J’ai visité émis mon opinion en utilisant la fonction Replys d’où le fait que ma réponse apparaissent sur votre mur. Si vous ne voulez pas d’avis ou de réponse inutile de faire diffuser votre message à mes contacts, ni sur un site public comme celui ci et encore moins utiliser facebook pour le faire. C’est d’ailleurs grâce à votre message que j’ai pu lire l’autre version. J’ignore votre rage, votre émoi

    novembre 26, 2012 at 18 h 27 min
  • Corentin Dupont

    tellement réaliste, la famille c’est pas ceux qui ont des liens du sang, la famille c’est celle qu’on choisit Je suis fier de mes parents, toujours là pour moi merci tatie Christel, tatie mymy et mamie Souris vous êtes la famille que j’ai choisi Ceux qui ont notre sang ne sont que menteurs et hypocrites je les hais ces trou du c..

    décembre 3, 2012 at 8 h 10 min

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