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Le sumo qui ne pouvait pas grossir, Eric Emmanuel Schmitt conteur sensible de l’invisible

01 avril 2009 | PAR marie

sumo « Je vois en toi un gros »… « Je vois en toi un gros », « je vois en toi un gros » ne cesse de répéter Shomintsu au maigre, trop maigre Jun. Entre ses romans-photos et sa vie de clochard, le pauvre adolescent n’a aucune envie d’entendre de tels mots. D’ailleurs, il n’a rien envie d’entendre du tout, il souffre « d’allergie universelle ». Il n’aime pas les hommes, lui au premier chef. Après tout même sa mère, qui pourtant est un Ange, ne faisait pas grand cas de lui… Comment, dans ces conditions là pourrait-il faire autre chose que de vendre d’honteux romans, des femmes nues en plastique et de passer ses temps libres à végéter entre deux poubelles sous un échangeur routier ?

Après le bouddhisme tibétain dans Milarépa, l’Islam dans Ibrahim et les fleurs du Coran, Oscar et la dame rose pour le christianisme ou le judaïsme dans L’enfant de Noé, Eric Emmanuel Schmitt grossit avec ce dernier opus son « cycle de l’invisible ». Ce conte aurait pu se pencher sur le shintoïsme, la religion traditionnelle du Japon et donc des sumos. Simplement, à l’image d’Eric Emmanuel Schmitt et des divers Socrate qui emplissent ces récits, Shomintsu est un esprit libre, un sumo « hors catégorie ». Sa méditation, il la pratique en bouddhiste zen. Grâce, à elle, il peut voir au delà de lui-même, au delà, aussi de l’enveloppe corporelle de Jun. Patiemment donc, à force de pâtés de riz et de séances de méditations, il tente de faire sortir le « gros » du maigre… Reste à voir si ce dernier se révélera assez adipeux…

Une fois encore, Eric-Emmanuel Schmitt se révèle maître-conteur. Avec une intrigue simple, des mots qui ne le sont pas moins, beaucoup de bons sentiments et quelques idées universelles, il esquisse des personnages attachants et réussit à émouvoir les lecteurs qui se croyaient être les plus blasés, les plus « allergiques à l’universelle ». En peu de pages, à défaut de les guérir, Eric Emmanuel Schmitt les fait sourire. Et lui qui se croyait conteur de l’invisible écrit des textes bel et bien « sensibles ».

Le sumo qui ne pouvait pas grossir, d’Eric Emmanuel Schmitt, Ed Albin Michel, en librairie 2 avril 101 p.

MB

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marie

One thought on “Le sumo qui ne pouvait pas grossir, Eric Emmanuel Schmitt conteur sensible de l’invisible”

Commentaire(s)

  • Isabelle Munar

    Beau livre sensible, puissant, emouvant et fort. Merci monsieur Schmitt.

    janvier 12, 2010 at 22 h 16 min

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