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La Tristesse du Samouraï de Victor DEL ARBOL, « Cara al sol »…

La Tristesse du Samouraï de Victor DEL ARBOL, « Cara al sol »…

12 avril 2013 | PAR Le Barbu

la-tristesse-du-samourai,M106801Victor del Árbol est né à Barcelone en 1968. Après avoir étudié l’Histoire, il travaille dans les services de police de la communauté autonome de Catalogne. Il est l’auteur de deux romans, dont La Tristesse du samouraï, paru dans la collection « Actes noirs » en 2012, et réédité en 2013 dans le format poche Babel Noir.

En ce rude hiver 1941, une femme élégante, talons hauts, gants de cuir, arpente les quais de la gare de Mérida au petit matin. Elle dénote parmi des passagers apeurés qui n’osent croire que la guerre est finie. Isabel fait partie du clan des vainqueurs et n’a rien à redouter de ces phalangistes arrogants qui arpentent la gare de Mérida. Elle presse la main de son plus jeune fils et écrit à l’aîné, qu’elle s’apprête à abandonner, les raisons de sa fuite. Le train de 4 heures en direction de Lisbonne partira sans elle. L’enfant rentre seul chez son père, appâté et obnubilé par le sabre qu’un homme vient de lui promettre. Isabel disparaît pour toujours.

Quarante ans plus tard, une autre femme, Maria, avocate, envoie sous les verrous un inspecteur véreux jugé coupable d’une bavure à la suite d’un procès mémorable. Elle ne sait pas qu’elle ouvre ainsi une terrible boîte de Pandore. Manipulée en raison d’une tragédie ancienne dont elle ignore tout mais qui pourtant coule dans ses veines, elle va payer quatre décennies de vengeance et de haine.

« Il prit alors l’enfant dans ses bras et revint lentement vers la maison des Mola. Un jour, quand Andrès serait grand, il faudrait qu’il lui explique pourquoi les choses s’étaient passées de cette façon, et comment fonctionnaient les règles complexes des adultes. Il essaierait de lui montrer la réalité absurde où les sentiments ne pèsent rien face aux raisons d’une autre nature. Le pouvoir, la vengeance et la haine étaient plus forts que tout, et les hommes étaient capables de tuer ceux qu’ils aimaient et d’embrasser ceux qu’ils haïssaient, si cela pouvait les aider à réaliser leurs ambitions. »

Trois générations marquées au fer rouge qui ont transformé les enfants en psychopathes, les victimes en bourreaux, le code d’honneur des samouraïs en un effroyable massacre. Et quelqu’un doit laver le péché originel. Se jouant d’un contexte historique opaque, de l’après-guerre espagnol à la tentative de coup d’Etat de février 1981, La Tristesse du Samouraï est un intense thriller psychologique où les ex-phalangistes, sous un léger vernis de démocrates, continuent de tirer les ficelles. Sous la forme d’une saga familiale lourde de complots, d’enlèvements et de trahisons, ce roman d’un noir absolu met en lumière tout ce qu’il y a de plus mauvais, de plus vil et de plus méprisable dans la nature humaine. Les personnages sont à la fois proies et prédateurs. « Blesser l’ennemi avant que celui-ci te blesse » devient alors une question de survie.

« Nous ne sommes pas des samouraïs. (…) Nous sommes des chiens et nous mourrons en nous mordant l’un l’autre. »

Les personnages et les situations se répondent dans un intense flashback qui les mène aux limites de leurs forces pour sauver l’honneur de leur lignée.

« Rappelle-toi la devise du samouraï: L’honneur ou le déshonneur ne sont pas dans l’épée, mais dans la main qui l’empoigne. »

Ce livre poignant connut un énorme succès dans une Espagne hantée par son passé le plus sombre. La Tristesse du Samouraï  est un roman haletant, mené de main de maitre, sans nul doute l’un des meilleurs polars publiés ces dernières années. A lire absolument !!!

« On pouvait ignorer une offense, l’ignorer ou la pardonner, mais on ne pouvait jamais l’oublier. »

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Le Barbu
Le Barbu voit le jour à Avignon. Après une formation d'historien-épigraphiste il devient professeur d'histoire-géogaphie. Parallèlement il professionnalise sa passion pour la musique. Il est dj-producteur-organisateur et résident permanent du Batofar et de l'Alimentation Générale. Issu de la culture "Block Party Afro Américaine", Le Barbu, sous le pseudo de Mosca Verde, a retourné les dancefloors de nombreuses salles parisiennes, ainsi qu'en France et en Europe. Il est un des spécialistes français du Moombahton et de Globalbass. Actuellement il travaille sur un projet rock-folk avec sa compagne, et poursuit quelques travaux d'écriture. Il a rejoint la rédaction de TLC à l'automne 2012 en tant que chroniqueur musique-société-littérature.

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