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La course à l’enfant

10 septembre 2009 | PAR Yaël Hirsch

Un couple néerlandais de professeurs vit heureux et de manière classique, jusqu’au jour où la femme, Julia, réalise qu’elle veut un enfant.

eho_meer3cCe désir de maternité arrive soudainement, à la vue d’une chaise d’enfant sur une bicyclette. Mais la barre de la quarantaine est proche et Julia et son mari Max n’arrivent pas à procréer. C’est donc sur les sentiers escarpés de l’adoption que le couple s’élance, Julia en tête, et Max à contre-coeur. Le chemin les mène par des voies peu orthodoxes dans un Pérou que Julia veut immortaliser pour raconter à son enfant d’où il vient. Après mille péripéties, Julia rejoint son mari aux Pays-Bas avec un être humain à charge, mais ce n’est pas forcément le nourrisson de leurs rêves.

Simple et juste sur les affres des ceux et celles qui veulent un enfant sans y parvenir, « Le voyage de l’enfant » ne s’appesantit pas lourdement sur les diverses méthodes médicales et légales de parvenir à ce but quand la grossesse ne se fait pas naturellement. On suit le personnage de Julia dans sa quête obstinée, qui la mène à apprendre l’espagnol, à espérer malgré tout, et à revoir ses attentes, en reformulant à chaque étape le sens de son puissant instinct maternel. La fin surprend, et apporte une touche de surréalisme presque bunuelien au roman. Depuis la « Maison dans les dunes » (Eho) alias « Les invités de l’île », Vonne van der Meer nous a habitué à chercher en douceur les traces vivante du temps qui passe dans la tension que son écriture tisse entre ses descriptions et ses ellipses. Elle recommence avec succès dans son odyssée de la maternité où l’île n’est qu’un point de départ pour un bien long périple.

Vous pouvez lire le point de vue du traducteur en Français de Vonne van der Meer, Daniel Cunin, sur le blog des éditions Héloïse d’Ormesson.

Vonne van der Meer, « Le Voyage vers l’enfant », trad. Daniel Cunin, Eho, 176 p., 17 euros

« Descendre un chemin entre les dunes, sentir la mer avant même de la voir -rien n’est comparable à cette sensation. Voilà pourquoi elle venait ici ou sur l’une des autres îles de wadden au moins deux fois par an. Mais en ce jour, la seule odeur qu’elle sentait, c’était celle du cadeau d’anniversaire de mariage. Elle l’avait dans les narines, emballée, avec une faveur. » p. 13

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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