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Juste avant le bonheur d’Agnès Ledig, une leçon d’optimisme exemplaire

Juste avant le bonheur d’Agnès Ledig, une leçon d’optimisme exemplaire

15 avril 2013 | PAR Marie Charlotte Mallard

Agnès Ledig, sage-femme libérale a commencé l’écriture en tenant un bulletin hebdomadaire, pendant la maladie de son fils Nathanaël, atteint d’une leucémie. Dans l’épreuve, son don pour l’écriture et la transmission se sont révélés. En 2011, elle publie aux Nouveaux Auteurs son premier roman, Marie d’en haut, repris par Pocket et récompensé comme coup de coeur du grand prix des lectrices de Femme Actuelle. Le 2 Mai prochain paraîtra son deuxième roman, Juste avant le bonheur aux éditions Albin Michel.

Agnès Ledig/ (c) Photo Dominique Gutekunst

Julie, est mère célibataire. Abandonnée de sa famille pour être tombée enceinte trop jeune, elle exerce le métier de caissière pour subvenir aux besoins de son petit rayon de soleil, l’homme de sa vie, celui qui lui donne la force, l’envie de se battre, son petit Lulu âgé de 3 ans. Désabusée, désenchantée, elle ne croit plus aux contes de fées ni même en l’être humain, jusqu’au jour où elle rencontre Paul cinquantenaire tout juste divorcé. Un bonjour, une attention, une rencontre fortuite, qui va peu à peu lui redonner goût à la vie, lui montrer que les actes désintéressés existent, lui donner à elle et son fils du bonheur en lui offrant un déjeuner et des vacances en Bretagne. Pendant quelques semaines, Julie, Paul et son fils Jérôme, tous trois grands blessés de la vie, âmes perdues, s’apprivoisent, redécouvrent la chaleur humaine, les éclats de rire, le bonheur, les liens amicaux, familiaux, et se réconfortent. Et puis, sur le chemin du retour, un chauffard alcoolisé, un accident inévitable, tout vole en éclat, et à l’issue d’un long coma Lulu s’en va…Pour tous, la perte est insoutenable mais, entourée d’une nouvelle famille, Julie puisera la force nécessaire à sa reconstruction, à la reconstruction de sa vie tout entière…

A travers le drame, les liens se renforcent. Chacun est présent les uns pour les autres, et ces êtres blessés, marqués par les pertes et les épreuves de la vie, refermés sur eux mêmes, finissent par se révéler, s’ouvrir de nouveau au monde et se relever tour à tour. La rencontre inopportune d’êtres échaudés, les destins qui s’entrecroisent, la position des personnages, Juste avant le bonheur d’Agnès Ledig est indubitablement inspiréd’Ensemble c’est tout, d’Ana Gavalda, sans non plus l’imiter. Le thème de la perte d’un être cher est en effet ici largement exploité, à travers le suicide de la femme de Jérôme, à travers la mort de la première femme de Paul, à travers la mort du petit Lulu. Plus que les liens entre les êtres, plus que le simple fait de dire qu’ensemble l’on est plus fort, Agnès Ledig montre surtout que l’on est capable de se remettre de tout, même du pire, capable de se relever et de se battre bien que le monde paraisse dépeuplé par le manque d’un seul être. La perte de son âme sœur, la perte de son enfant, sont des épreuves qui paraissent insurmontables, mais tout autour de nous, en nous, la vie est là et continue. Le grand message d’Agnès Ledig dans cet ouvrage c’est avant tout de montrer que Juste avant le Bonheur il y a parfois de grands malheurs, mais que le «  le temps passe et panse. », et que les « fuites se colmatent ». Philosophique, l’ouvrage amène à réfléchir par le biais de la métaphore et de l’allégorie savamment glissées tout au long du roman au travers des discours des différents personnages, à la fois sur la vie et son but, sur l’idée du bonheur, sur la façon de vivre une perte douloureuse, la façon de s’en remettre. L’écriture d’Agnès Ledig reste simple et accessible, fraîche et néanmoins emprunte de beaucoup de poésie. Au cours de ces 343 pages l’on passe du rire aux larmes, et bien que le sujet traité soit difficile, l’œuvre reste incroyablement positive. Ainsi l’on dévore avec plaisir ce livre largement inspiré de l’histoire de son auteure, d’où ressort incontestablement l’espoir, et que l’on referme avec un sentiment incontestablement optimiste.

«  Dans un jeu de Lego, on peut faire toute sorte de construction, même si l’on a perdu quelques pièces […] Aucun champ de bataille ne reste stérile. Il faut parfois des années, mais toujours, toujours, la nature reprend le dessus et les fleurs repoussent de sous les cendres. » p273

« Les braises incandescentes se consument doucement sous le tas épais de cendres froides et grises. Et puis, un jour, il y a un petit souffle, quelques brindilles, et le feu repart. » p333

Juste avant le bonheur, Agnès Ledig, à paraître le 2 mai 2013 aux éditions Albin Michel

Visuel une: http://www.philovive.fr/?2011/11/21/134-le-bonheur-cours

Photo Agnès Ledig: Agnès Ledig/ (c) Photo Dominique Gutekunst // http://www.lalsace.fr/actualite/2011/07/23/une-nouvelle-auteure-qui-saisit-les-jolies-choses-de-la-vie

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Marie Charlotte Mallard
Titulaire d’un Master II de Littérature Française à la Sorbonne (Paris IV), d’un Prix de Perfectionnement de Hautbois et d’une Médaille d’Or de Musique de Chambre au Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise, Marie-Charlotte Mallard s’exerce pendant deux ans au micro d’IDFM Radio avant de rejoindre la rédaction de Toute la Culture en Janvier 2012. Forte de ses compétences littéraires et de son oreille de musicienne elle écrit principalement en musique classique et littérature. Néanmoins, ses goûts musicaux l’amènent également à écrire sur le rock et la variété.

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