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Joseph Hirsch nous parle de la programmation du Festival Lettres d’Israël, qui s’étend dans les genres et à toute la France

Joseph Hirsch nous parle de la programmation du Festival Lettres d’Israël, qui s’étend dans les genres et à toute la France

11 octobre 2018 | PAR Yaël Hirsch

Du 2 au 18 octobre 2018, comme c’est désormais le cas chaque automne, les auteurs israéliens sont à l’honneur, notamment à la Maison de la Poésie et dans les bibliothèques de la Ville de Paris, mais aussi à Montpellier, ou à la librairie Kléber de Strasbourg. Rencontre avec Joseph Hirsch, le responsable de la communication du festival Lettres d’Israël Lettres d’Israël, lancé sur une idée de l’attachée culturelle de l’Ambassade d’Israël et qui marche main dans la main, cette année avec la Saison France-Israël.

Comment se passe cette nouvelle édition ? Le public est il au rendez-vous, à Paris comme en province ?
Jusqu’ici le public répond présent et nous en sommes ravis. Le festival a débuté dans les bibliothèques parisiennes, qui accueillent notamment un très bel échange entre Raphaël Jerusalmy et Pierre Assouline à la Bibliothèque historique de la ville de Paris, et se poursuit en beauté ! Dimanche, un des temps forts du festival a lieu au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, qui accueille une journée dédiée à la littérature israélienne : un spectacle musical de la talentueuse Sonia Jacob, inspiré du conte de Leah Goldberg Un appartement à louer, l’un des plus célèbres ouvrages pour enfant d’Israël, la projection d’un documentaire consacrée à Dahlia Ravikovitch, grande voix de la poésie israélienne, et un grand entretien avec le génial écrivain Eshkol Nevo.
La semaine prochaine sera riche en événements, avec notamment une soirée consacrée à la bande dessinée israélienne à la Maison de la Poésie mercredi 17, en présence des auteurs de BD Asaf Hanuka, Rutu Modan et Yirmi Pinkus, et une autre dédiée à la poésie à la Société des Gens de Lettres lundi 15, avec un hommage à la poétesse Rachel, figure de la renaissance de la langue hébraïque. Nous sommes évidemment impatients de voir comment le festival sera reçu en province, et notamment à Strasbourg, ou deux rencontres ont lieu dimanche 14 et lundi 15 octobre.

Cette troisième édition est marquée par les hommages. La littérature israélienne n’a pas été épargnée par les disparitions…
L’hommage à Ronit Matalon, prévu ce soir à la Société des Gens de Lettres, s’annonce particulièrement émouvant. Cette grande voix de la littérature israélienne, découverte tardivement en France avec la parution de son roman Le Bruit de nos pas (Stock, 2012), et dont les éditions Actes Sud avaient publié en 2015 le premier roman, De face sur la photo, est disparue en décembre dernier des suites d’un cancer qu’elle combattait depuis plusieurs années. Sa traductrice française Rosie Pinhas-Delpuech, la traductrice Laurence Sendrowicz et l’écrivain et éditeur Dror Mishani lui rendront hommage, et la comédienne Marianne Denicourt lira des extraits de son dernier roman Et la mariée ferma la porte, qui vient de paraître aux éditions Actes Sud. Le festival s’achèvera jeudi 18 octobre par un hommage à l’immense Aharon Appelfeld, disparu en janvier dernier, à la Maison de la Poésie.

Bande dessinée, roman policier, poésie… Le festival explore de nouveaux genres de la littérature israélienne. S’agira-t-il de découvertes pour le public français ?
Tous les auteurs invités sont bien sûr traduits en français, pour certains depuis plusieurs années, mais nous espérons que le festival permettra de les faire découvrir à un public plus large. C’est le sens donné à la soirée consacrée à la bande dessinée israélienne, qui verra les auteurs Rutu Modan et Yirmi Pinkus échanger avec Florent Ruppert, auteur phare de L’Association, et le génial Asaf Hanuka, auteur de la série K.O à Tel-Aviv, dialoguer avec le français Camille de Toledo, auteur du roman graphique Herzl, une histoire européenne (Denoël). Pour Dror Mishani, auteur de polar très apprécié des lecteurs français, ce sera un peu différent, mais sa venue est l’occasion pour ses lecteurs de le rencontrer, et de recueillir ses impressions sur l’adaptation au cinéma de son premier roman par Érick Zonca (Fleuve noir, 2018, adapté du roman Une disparition inquiétante, Seuil, 2014). Au chapitre des découvertes, nous sommes très heureux de consacrer une rencontre à la poétesse Dahlia Ravikovitch, disparue en 2005, dont le premier recueil de poèmes traduits en français est paru cette année, aux éditions Bruno Doucey.

Quel est le prochain événement à ne pas manquer ?
Il y en a trop ! Elinor Agam, l’attachée culturelle à l’origine de la création du festival, et Francine Lutenberg, qui a organisé et coordonné cette édition, ont vu les choses en grand ! Je laisse aux lecteurs le soin de faire leur choix parmi la multitude de rendez-vous proposés sur lettresdisrael.fr !

Tout le programme, ici.

Attention, beaucoup d’événements sont gratuits ou le prix des tickets est modeste, mais il faut réserver d’avance sur le site.
visuel : affiche du festival

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : yael@toutelaculture.com

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