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Joël Schmidt nous fait partager les dernières pensées des empereurs romains

Joël Schmidt nous fait partager les dernières pensées des empereurs romains

07 septembre 2017 | PAR Terence Gerber

Bien que l’histoire de l’Empire romain soit grandement populaire, les annales de ses empereurs sont, au contraire, beaucoup moins connues. Passionnant, La mort des Césars nous fait vivre le délitement de l’Imperium romanum à travers les derniers souffles de ses multiples protecteurs.

Ce sont, au total, 68 personnages emblématiques de l’Empire romain, plus ou moins connus, qui sont ramenés à la vie par Joël Schmidt. Allant du très controversé Jules César – à noter qu’il n’a jamais été empereur – au cruel Néron, en passant par le prudent et modéré Marc Aurèle au méconnu Flavius Honorius, La mort des Césars met à jour les différentes personnalités des empereurs romains.

Considérés comme des dieux vivants, ces derniers entretenaient une stature divine afin de légitimer leur pouvoir. En s’immisçant dans les dernières pensées de ces « divinités », Joël Schmidt les humanise, les ramenant ainsi à de simples individus. Comme les sujets de l’Empire, les empereurs romains ressentaient de la peur, de la joie, de l’amour mais aussi de la crainte ou encore de la rivalité. La peur de se faire assassiner était constamment présente, en raison, notamment, de la convoitise provoquée par leur pouvoir immense. Familles, amis, connaissances, soldats ou généraux, tous étaient de possibles assassins. Pour bon nombre d’entre eux, la gouvernance du pouvoir se résumait à contrecarrer des complots, et faire en sorte d’évincer tous les hypothétiques adversaires.

Bien plus qu’un simple livre sur les dernières pensées des empereurs romains, c’est aussi un manuel d’histoire, retraçant le début de l’Empire jusqu’à son démantèlement. Joël Schmidt nous raconte, par le biais de ces empereurs, les cinq siècles que celui-ci a duré. Au fur et à mesure des successions et des règnes calamiteux, l’aspect divin de la fonction impériale ne faisait plus l’unanimité. L’apothéose, sorte d’hommage postmortem amenant l’empereur défunt au rang de dieu, n’était administrée, à partir de Constantin Ier, qu’à un nombre restreint. Cette déliquescence progressive du statut de l’empereur fait écho au délitement de l’Empire romain.

Même si on aurait aimé une énumération plus poussée concernant certains empereurs, quitte à passer outre le règne de quelques-uns, La mort des Césars est une formidable expérience historique.

Joël Schmidt, La mort des Césars, Paris, Editions Perrin, sortie le 15 septembre 2017, 300 p., 21,90 euros.

Visuel : couverture du livre

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Terence Gerber

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