Jeunesse

Le livre d’Etoile de Gil Ben Aych

Le livre d’Etoile de Gil Ben Aych

10 mai 2012 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Gil Ben Aych est un écrivain originaire d’Algérie. Dans L’essuie-mains des pieds, il nous racontait son départ et celui de sa famille d’Algérie et leur installation en France puis dans Le voyage de Mémé, l’auteur nous divertissait avec le périple qu’il fait avec sa grand-mère paternelle de Paris à Champigny à pied. Mais pour que la fameuse mémé fasse ce périple, il a déjà fallu la faire venir d’Algérie en France. Et cet exil, c’est Le Livre d’Etoile qui nous le raconte. Etoile, c’est le prénom de la mémé du héros de L’essuie-mains des pieds et du voyage de Mémé. Cette fois, c’est Etoile, l’héroïne de l’histoire, qui raconte à la première personne son incroyable voyage Algérie-France.

Ecrivain, philosophe et conseiller d’éducation, c’est lorsqu’il se raconte lui-même et nous parle de ce qui lui tient à cœur: sa famille que Gil Ben Aych nous touche le plus, la chronique bouleversante de l’exil de sa famille, déclinée dans ces trois livres, permet de mieux comprendre, pour les français comme pour les immigrés, les différences qu’il y a entre eux et les moyens de se rapprocher et s’entendre tous ensemble. Une grande chronique familiale où chaque personnage nous fait penser à une personne de notre famille et nous touche dans sa détresse et dans son aventure personnelle.

Il y a énormément d’émotion et de larmes dans cette histoire. Pour cette vieille femme qui a vécu toute sa vie en Algérie, qui y laisse sa maison, sa famille, le corps de son mari, ses souvenirs, l’exil est un déchirement beaucoup plus grand que pour l’auteur dont la jeunesse lui fait voir son départ d’Algérie sous les couleurs positives de l’aventure. S’adapter quand on est âgé à une nouvelle vie est beaucoup plus difficile qu’étant enfant. Pour Etoile, ce départ est inoubliable, elle se souvient de chaque détail et elle est heureuse de pouvoir tout raconter à sa famille, qui sont ceux qui sont à même de mieux la comprendre. Comme dans Le voyage de Mémé, l’héroïne est dans l’observation, elle retient chaque menu évènement de son exil, même les plus insignifiants, parce que, pour elle, c’est l’ensemble qui fait sens: la dernière nuit passée dans sa maison, sa valise faite, les voyageurs qui sont avec elle dans le train pour Alger, la ville d’Alger en ruines, menaçante, avec les bruits des balles qui retentissent…

Humour et drame sont étroitement mêlés comme dans ce passage où l’héroïne dit qu’elle n’est ni un oiseau ni un poisson alors qu’elle ne peut prendre ni avion ni bateau. La suite de la fiction mêle également comique et tragique, la mémé pratiquant au final l’autodérision en se rendant compte qu’elle a été bernée et qu’on lui en a fait croire pour parvenir au but de la faire venir en France, aux côtés de sa famille. Nous redécouvrons la France en compagnie de cette héroïne atypique qui est au fond une immigrée malgré elle, qui accepte la découverte de ce nouveau pays pour l’amour de ses enfants.

Une histoire inclassable mais profondément touchante, une aventure peu commune qui passionnera les lecteurs.

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