Jeunesse

Le bonnet d’Ona de Frédéric Stehr

Le bonnet d’Ona de Frédéric Stehr

28 octobre 2012 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Texte et illustrations de Frédéric Stehr(La couverture de ce livre n’est finalement pas celle ci contre mais représente la maman d’Ona et sa fille)

Ona rentre dans la classe des bonnets jaunes. Tous les élèves ont le même bonnet acheté dans un magasin sauf elle qui a un bonnet en laine que sa maman lui a tricoté exprès. Ona a honte de ce bonnet, être différente des autres la met mal à l’aise mais si cette différence devenait un atout au lieu d’être un handicap?

De Frédéric Stehr, nous avions adoré récemment Jour de lessive, très belle histoire poétique sur le plaisir du bain (voir notre article). Cet auteur-illustrateur très prolixe combine un bon trait de crayon et des couleurs douces avec une plume pertinente sur les problèmes que rencontrent les enfants de nos jours, leurs goûts, leurs désirs…De l’ours Calinours au canard Coin-Coin, ses héros sont le plus souvent des animaux ce qui permet à l’auteur d’énoncer plus aisément sa pensée sans bloquer les enfants, il leur donne de bonnes idées pour leur vie quotidienne tout en douceur.

Cette histoire parle avec intelligence et subtilité d’un problème que la plupart des enfants rencontrent de nos jours à l’école. S’ils sont différents des autres: particularités physiques, vestimentaires, familiales, comportementales ou autres, ils s’attirent leurs critiques voire même leurs moqueries et ces dernières peuvent être très méchantes au point de leur rendre la vie infernale. L’héroïne, Ona, fait preuve de débrouillardise dans cette aventure. Elle doit porter son bonnet parce qu’il est le symbole de l’amour que sa mère a pour elle mais même une mère peut se tromper en croyant bien faire. Ona ruse pour ne plus se faire moquer d’elle, elle rit avec les moqueurs, elle pratique l’autodérision. Elle trouve le moyen de ne plus porter ce qui la rend ridicule tout en ne vexant pas sa mère. Elle permet alors à cette dernière de se surpasser en élevant son talent pour la couture au rang d’art. Il s’agit dès lors de faire un bonnet exceptionnel, admirable dont Ona n’aura pas honte mais dont elle sera fière et que les autres lui envieront. La singularité de la petite oursonne devient alors symbole de fierté, elle lance une mode en quelque sorte, elle se distingue des autres de manière positive et non plus négative, elle inverse la tendance.

Une histoire qui pourrait aider beaucoup d’enfants et de parents à résoudre les problèmes qu’ils rencontrent à l’école.

Sortie du numéro 11 de la revue HEY!
« The art of Eric Stanton, for the man who knows his place » à voir chez Taschen
Sandrine et Igor Weislinger

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