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J et G. Dryansky : L’extraordinaire histoire de Fatima Monsour

15 janvier 2009 | PAR Yaël Hirsch

Le couple de scénaristes américains, Joanne et Gerry Dryansky, racontent l’installation d’une charismatique femme tunisienne à Paris. Au service d’une comtesse dans le XVIe arrondissement, elle transforme la vie d’un quartier plus bigarré qu’il n’y paraît. Ce conte de fée plein d’énergie positive, traduit dans 25 pays et dont les droits cinématographiques ont déjà été achetés par Jean-Jacques Beineix, sort aujourd’hui en librairies, aux éditions Héloïse d’Ormesson.

 

Après la mort de sa sœur, Rachida, Fatima Monsour quitte sa belle Djerba natale pour la remplacer au service de la comtesse Merveil du Roc, dans le XVIe arrondissement de Paris. Peu chanceuse jusque là dans la vie, puisque mariée tard à un homme qui l’a quittée pour en épouser une autre et s’installer avec elle dans le Wisconsin, Fatima part à la rencontre d’un autre monde. L’immeuble de l’avenue Victor Hugo, où elle s’occupe de la comtesse et de sa chienne Emma est bien plus multiculturel qu’on ne pourrait se l’imaginer : il y a bien sûr le couple un peu rigide « Figaro » avec ses cinq enfants, mais aussi la concierge, espagnole et qui s’occupe avec amour du jardin, l’écrivain américain un peu bohème et qui se lie d’amitié avec Fatima et lui apprend à lire, et la comtesse, veuve inconsolée, mère éloignée de sa fille et qui préfère boire de l’eau en laissant les grands crus dormir dans sa cave. Un peu magicienne, mais plus par compréhension des gens que par véritables sortilèges, Fatima parvient à s’attirer la sympathie de tous les habitants de cet immeuble. Ainsi que celle des voisins, dont Victorine, secrétaire sénégalaise d’une avocate à succès, et l’énigmatique Hippolyte, ancien danseur de ballet et qui partage avec Fatima un goût prononcé pour les animaux.

Joanne et Gerry Dryansky parviennent à redonner à Paris les couleurs pittoresques qu’il avait chez les auteurs américains de la « Lost Generation », tels Ernest Hemingway ou Gertrud Stein. C’est ce même Paris bigarré, ouvert aux autres cultures qui demeurent néanmoins « étranges », où les gens se mélangent aux bêtes, où certaines coutumes sont et perdurent sans s’expliquer et où le temps semble n’avoir pas de prise sur les mœurs qu’on retrouve, transposé de l’Entre-deux-guerres à aujourd’hui et du quartier latin sur les beaux quartiers de la rive droite. L’écriture très simple, très parlée, rend la bonhomie des personnages encore plus directe et permet de dévorer le roman d’une traite. Un rayon de soleil et d’humanité généreuse pour éclairer l’hiver.

Joanne et Gerry Dryansky, L’extraordinaire histoire de Fatima Monsour, Traduction Marianne Véron, Eho, 22 euros.

« Pour Fatima, l’immeuble n’était jamais qu’un village vertical, et, lorsque, dans un village, survenait un incendie, un accident, une naissance, ou quoi que ce soit d’exceptionnel, il incombait à tout un chacun de prêter main-forte aussitôt » p. 81

 

Yael Hirsch

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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