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Hervé Joubert-Laurencin « monographie » Salò ou les 120 journées de Sodome de Pasolini

Hervé Joubert-Laurencin « monographie » Salò ou les 120 journées de Sodome de Pasolini

16 juillet 2012 | PAR Kylhian Hildebert

Le dernier film du réalisateur italien Pier Paolo Pasolini fait l’objet d’une étude inédite aux Éditions de la Transparence (collection Cinéphilie) par le critique Hervé Joubert-Laurencin qui change radicalement de registre après nous avoir transportés dans l’onirisme des films de Hayao Miyazaki…

 

Salò ou les 120 journées de Sodome film controversé ; film censuré à sa sortie ; film encore interdit à la télévision publique ; film posthume puisque sorti peu de temps après l’assassinat de son réalisateur ; film chef-d’oeuvre pour certains ; quoi qu’il en soit un film qui ne peut laisser indifférent. Librement adapté de l’oeuvre inachevée (inachevable ?) du Marquis de Sade Les Cent vingt journées de Sodome ou l’école de libertinage le film de Pasolini se déroule dans l’Italie fasciste : la commune de Salò c’est-à-dire l’équivalent du Vichy italien et reprend le principe de l’enfermement cher au Divin Marquis.

L’auteur utilise toute sa verve critique pour étudier en profondeur le film de Pasolini avec érudition. Il peut surprendre (Salò est en réalité non pas un film sadique mais masochiste avec des personnages effectivement sadiques) de manière aussi percutante que la citation de Jean-Claude Biette peut l’être : “Nuit et Brouillard et Salò sont les deux films que devrait voir tout spectateur qui aspire à devenir citoyen”. En véritable spécialiste l’auteur réhabilite de manière efficace l’ultime oeuvre de Pasolini dont les films ont et font encore très souvent polémique.

Le vocabulaire riche et spécialisé sera familier aux amateurs de théorie et critique cinématographique ou étudiants en cinéma ; en revanche pour certains néophytes il faudra assimiler les termes purement critiques tels que “métafilm”, “transfilm” qui seront autant de vocables que l’on retrouvera dans de nombreux ouvrages théoriques.

En 128 pages l’auteur analyse le film, procédant par écho, ressemblance (la scène de l’énucléation inspirée du surréalisme d’un Chien andalou), découpant le scénario, les personnages, certaines séquences, certains photogrammes ; le tout enrichi de nombreuses références à l’histoire de l’art, à la critique et théorie artistique, à l’oeuvre aussi bien cinématographique que littéraire de Pasolini…

Son projet qui est de contribuer à faire connaître l’oeuvre de Pasolini en France trouve avec cet ouvrage une pierre angulaire pour construire l’édifice monumental que serait une étude complète du cinéaste, critique et auteur Pier Paolo Pasolini.

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Kylhian Hildebert

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