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Harold Cobert détaille les nuances d’une filiation rock’n’roll

22 mars 2013 | PAR Yaël Hirsch

Après « Dieu surfe au Pays-Basque« , Harold Cobert reprend et le surf et la paternité, et les plonge dans la musique des Stones. « Au nom du père, du fils et du rock’n’roll est la face lumineuse et romancée du KO textuel que le facétieux Treboc avait envoyé à la vie. En librairies et chez eho le 4 avril 2013.

A 17 ans Victor est aussi bon dessinateur que surfeur. Goujat mais séducteur avec les filles, il roule souvent les mécaniques et prend – comme tous les fils- son placide papa professeur de maths de haut. Loin s’en faut qu’il s’imagine que son père ait eu une jeunesse encore plus vibrante que la sienne : en tant que DJ rock parmi les plus populaires de son temps, ce papa résolument non-violent a animé maintes soirées parisiennes et londoniennes avant de rencontrer, derrière ses platine, la superbe Lorraine, future mère de Victor à Arcachon….

En deux parties virilement séparées : père & fils, Harold Cobert décrit la folle jeunesse du père, qui s’est extrait à la force du poignet et au beat des Rolling Stones d’une enfance très pauvre et malheureuse à Antony, avant de raconter l’histoire plus banale – mais toujours aussi magique, d’une rencontre amoureuse dans les années 1970, de l’établissement d’un couple et de la naissance d’un enfant. Les aléas et les coups durs sont là, mais la vie reprend le dessus, solidement attelée au socle de la filiation. Dans son style aussi précis que vivant, l’auteur décrit avec grâce l’art d’être père.

Harold Cobert, « Au nom du père, du fils et du rock’n’roll », eho, 256 p., 17 euros.

« Un enfant, c’est un bail non résiliable, signé à vie, pour le meilleur et pour le pire. En soi, l’idée est merveilleuse : les premiers pas, les premières paroles, un petit bout de rien qui s’éveille au monde et que l’on regarde grandir et rire aux éclats. D’un autre côté, c’est l’enfer, la zone, l’embrouille avec un E capital : ça braille et ça pleure pour un rien, ça vous tire sans arrêt du lit, ça gerbe, ça réclame, exige, pisse, chie, casse. Sans parler de l’adolescence, de ses reproches et de son ingratitude. Ni de l’aspect financier de l’affaire qui, contrairement aux idées reçues fleur bleue, ne saurait être négligé. Bref, mieux vaut avoir la santé, presque la foi. » p. 125

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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