Fictions

« Neverland » : Timothée de Fombelle ou le pouvoir de l’enfance

« Neverland » : Timothée de Fombelle ou le pouvoir de l’enfance

29 septembre 2017 | PAR La Rédaction

Après de grands succès pour la littérature jeunesse, Timothée de Fombelle fait ses premiers pas en littérature pour adultes. Neverland est une ode à l’enfance, intime et délicate.

[rating=4]

Timothée de Fombelle aime l’enfance : pour cet auteur qui n’a de cesse de célébrer l’évasion, être enfant, c’est avant toute autre chose porter une attention particulière à l’imaginaire et ses vertus. En somme, l’enfance serait une façon d’être au monde qui s’offre à qui veut bien considérer et entretenir son imaginaire. Sans doute ce tropisme explique-t-il les splendeurs de son premier ouvrage pour la jeunesse, Tobie Lolness, publié en 2006 chez Gallimard Jeunesse et traduit depuis dans vingt-neuf langues, comme de son Vango, autre succès de librairie qui plonge petits et grands dans une quête dans le Paris puis le New-York des années 30.

Avec Neverland, Timothée de Fombelle porte cette inclinaison au plus haut et magnifie cet esprit de l’enfance avec une grande simplicité d’écriture. Au reste, un certain souffle poétique se repose sur la sobriété de son style et accompagne le lecteur dans une quête aux mille souvenirs.
De page en page, Timothée de Fombelle ravive sa mémoire et nous offre anecdotes et pensées d’enfance. Habile, il convoque nos souvenirs communs et redonne avec une grande délicatesse les situations de l’être enfant, le goût et les couleurs de certains moments caractéristiques de l’âge tendre. Ainsi revit-on les longues minutes de demi-sommeil qui séparent la voiture familiale du foyer, lorsqu’un parent porte son enfant jusqu’à son lit. Ainsi expérimente-t-on les malices du père pour parer au blues du dimanche soir.

Pour raviver les souvenirs de son grand-père, c’est autre chose. Cette enfance là se cherche, elle s’exhume des greniers, à l’heure où les souvenirs s’effacent. On est alors gagné par l’attachement qui unit le petit-fils au grand-père, par la perte qui se dit en creux entre abstraction et périphrase. Cette seconde quête qui traverse Neverland en est tout son cœur. Elle témoigne d’une profonde tendresse et de la difficulté du non résolu, là où l’imaginaire ne suffit pas à échapper à notre finitude notamment.

Neverland de Timothée de Fombelle, édition L’Iconoclaste – 30 août 2017, 128 pages, 16 euros
visuel : couverture du livre
Adrien Leroy.

Trouble dans le genre: Change Me au festival SPOT
[Dinard Day 1] Cérémonie d’ouverture : Judi Dench sublime en Queen Victoria
La Rédaction

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *