Fictions
« La maîtresse du peintre » de Simone van der Vlugt : plongée sombre et passionnante dans l’intimité de Rembrandt

« La maîtresse du peintre » de Simone van der Vlugt : plongée sombre et passionnante dans l’intimité de Rembrandt

06 juillet 2020 | PAR Yaël Hirsch

Spécialiste de romans historiques très fouillés, l’auteure néerlandaise Simone van der Vlugt est de retour chez Philippe Rey avec un petit bijou sombre : la réhabilitation et l’incarnation d’une des maîtresse de Rembrandt, Geertje Dircx que le maître aurait faite enfermer pour prendre une maîtresse plus jeune… Un roman intime, haletant et documenté. 

Née à Edam, la jeune Geertje décide de se lancer plus loin que le travail du poisson dans son village et prend un poste de serveuse dans une auberge de Hoorn Elle épouse un marin qui meurt en mer quelques mois après leur mariage et trouve un autre poste dans une famille de riches marchands. C’est avec leur recommandation qu’elle se rend à Amsterdam pour entrer au service du peintre Rembrandt et de sa femme Saskia comme « nourrice sèche ». Ils ont déjà perdu trois enfants et, alors que Saskia se meurt de phtisie, elle doit s’occuper du petite Titus et de servir à déjeuner à l’atelier du peintre. Quelques temps après la mort de Saskia, l’inconsolable Rembrandt commence une relation avec Geertje. Il lui offre une  bague de sa femme en gage de son amour et de sa fidélité, mais ne peut l’épouser : il perdrait tout l’héritage de sa femme et malgré sa renommé, son train de vie ne lui permet pas d’y renoncer. Cinq ans plus tard la jeune et ravissante Hendrickje rentre au service de Rembrandt…

Extrêmement bien construit, le roman historique de Simone van der Vlugt permet de réaliser une sorte de fantasme : entrer dans l’intérieur et l’intimité de cet Amsterdam du 17e siècle par les peintures de Rembrandt. Dieu est très présent et l’individualisme déjà là, l’amour est possible, sa fin aussi. Proposant les documents historiques en fin de livre, l’auteure montre à la fois combien elle a enquêté sur une maîtresse du peintre dont on ne parle jamais – où dont l’on parlait mal- et que ce dernier aurait, en fait, faite enfermer des années pour vivre ses amours suivantes…. Entier, solide et assez dense, le personnage de Geertje est un très beau personnage à la fois simple et fidèle et l’on a envie de suivre Simone van der Vlugt  et de l’aimer, acceptant la part d’ombre du maître … Une plongée  admirable et intimiste dans les Pays-Bas du 17e siècle. 

Simone van der Vlugt, La maîtresse du Peintre, trad. Guillaume Deneufbourg, Philippe Rey, 304 p., 04/06/2020, 20 euros. 

visuel : couverture du livre. 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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