Fictions
« Ces guerres qui nous attendent. 2030 – 2060 » de la Red Team : Ceux de 2044

« Ces guerres qui nous attendent. 2030 – 2060 » de la Red Team : Ceux de 2044

20 mai 2022 | PAR Julien Coquet

Essai de science-fiction qui se veut proche de la réalité, Ces guerres qui nous attendent se révèle finalement être un coup d’épée dans l’eau.

Le ministère français des Armées et l’Université Paris Sciences et Lettres ont lancé ensemble un projet : réunir auteurs de science-fiction et stratèges militaires pour définir ce que serait le futur de la guerre. Autour de la table, entre autres, Laurent Genefort, Romain Lucazeau, DOA, François Schuiten, etc. Comme l’explique Cédric Denis-Rémis dans sa préface, l’objectif d’un tel travail de pensée est de « préparer les armées françaises à répondre aux enjeux des conflits de demain ».

La publication se révèle courte : un peu plus de 200 pages. La faute aux raisons de confidentialité, qui ont poussé une grande partie des travaux à être écartée de la publication. Le lecteur tient alors entre les mains quatre scenarii, quatre guerres que nous ou nos enfants pourrions connaître. La forme que prend l’ouvrage se révèle au départ plaisante : faux articles de journaux, fausses interviews, carnets de route inventés, notes fantasmées, etc. Pour autant, le fond ne parvient pas du tout à la hauteur des attentes.

La première histoire, centrée autour de pirates écologistes, rappelle furieusement Waterworld. C’est pourtant peut-être la plus prenante car, dès le second scénario, « Barbaresques 3.0 », les auteurs nous ressortent les pirates. Le troisième voit l’émergence de « bulles numériques communautaires de services » et le dernier, soporifique, décrit de façon très factuelle la naissance de missiles hypervéloces, railguns et hyperforteresses.

On reste alors très sceptique face à ce travail : si la première histoire intéresse, c’est par son incarnation. Mais le cœur du problème (qu’en sera-t-il du développement des actuelles grandes puissances que sont les Etats-Unis, la Russie et la Chine ?) est volontairement évité et passé sous silence. La Red Team se permet même d’inventer des territoires (Grandislande ?) ou de prêter des futurs militaires prometteurs à des Etats qui peinent à peser actuellement sur le plan militaire (Carthage, en Tunisie). Beaucoup de bruit pour rien.

« En 2037, un coup d’Etat militaire met au pouvoir une junte nationaliste à la tête de la cité de Troie. Après une rupture avec la Ligue hellénique, ces ultranationalistes ambitionnent de reconstituer une Grande Troade devant doubler leur territoire. Face à une course aux armements hypervéloces initiée par un pacte entre Troie et l’empire de Babylone se mettent en place des « boucliers défensifs ».
En 2042, la minorité troyenne de Thrace entre en sécession, tandis que les Troyens déploient des irréguliers venus de Bactriane et de Cappadoce. Une offensive hypervéloce sur la capitale thrace d’Antipolis provoque la panique et la reculade de l’armée thrace. Un Etat séparatiste, la République Troyenne de Thrace du Sud (RTTS), est créé. »

Ces guerres qui nous attendent. 2030 – 2060, Red Team, Editions Equateurs, 224 pages, 18 euros

Visuel : Couverture du livre

Rébecca Chaillon, une leçon de féminisme
Polyphone au Musée d’art et d’histoire
Julien Coquet

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture