Fictions

Anders Fager et ses monstres dans « La Reine en jaune »

Anders Fager et ses monstres dans « La Reine en jaune »

08 août 2017 | PAR Julien Coquet

Les éditions Mirobole récidivent avec la publication d’un deuxième recueil de nouvelles de l’écrivain Anders Fager, après la parution en 2014 des Furies de Boras.

[rating=2]

Bienvenue chez les monstres. Zami et Janoch, deux frères (humains?), effectuent un long voyage afin de ramener la terrible Grand-Mère en Suède. Mais si celle-ci évitait de grignoter les jeunes filles retenues en captivité avec elle à l’arrière du van, tout serait plus simple… Dans Cérémonies, les aide-soignants de la maison de retraite de Trossen doivent se plier aux rites des résidents du troisième étage. Ou encore, dans Quand la mort vint à Bodskär, alors qu’en pleine Guerre froide une opération se prépare contre les Russes, le jeune soldat Larsson comprend que l’attaque va être bien plus difficile que prévue puisque les Soviétiques ne vont pas être la menace principale.

Le titre La Reine en jaune fait référence, pour les amateurs de fantastique et d’horreur, au recueil de nouvelles de Robert W. Chambers, Le Roi en jaune, qui aurait inspiré la série télévisée True Detective. Plus proche de Lovecraft que de Stephen King dans le domaine de l’horreur, les nouvelles d’Anders Fager se distinguent par une écriture incisive et exigeante pour le lecteur. Toutes les phrases sont courtes et construites à partir du simple schéma sujet – verbe – complément : « My se réveilla tard. Elle était trempée de sueur et avait mal partout. Ses phalanges saignaient. L’appartement empestait l’eau croupie des vases. Son drap était maculé de taches de feutre et de sang. Elle transpirait de l’encre ».

Le propos pourrait être intéressant mais il lasse malheureusement vite. Face à cette écriture au scalpel, le lecteur décroche souvent. De plus, la multitude de personnages présents dans Cérémonies, sans aucune présentation de ceux-ci (ce qui est excusable dans le cas d’une nouvelle), perd le lecteur qui ne comprend plus grand chose. L’intérêt et la fascination suscités par le dégoût des monstres sont remplacés par l’ennui. Sauvons cependant la première nouvelle, Le Chef d’oeuvre de Mademoiselle Witt, qui propose une réflexion intéressante sur l’art contemporain et la volonté de choquer inhérente à celui-ci. My Witt est une artiste célèbre et cotée qui expose actuellement sa série série de clichés Porn star où elle se met en scène avec un acteur porno. Anette Glasser, du mystérieux comité Carcosa, lui commande une œuvre « à côté de quoi ceci semblera inoffensif »…

La Reine en jaune, Anders Fager, Mirobole éditions, 320 pages, 22 €

Date de parution : 19 janvier 2017

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Julien Coquet

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