Essais
« Prisonniers du FLN » par Raphaëlle Branche

« Prisonniers du FLN » par Raphaëlle Branche

25 juin 2014 | PAR Jean-Paul Fourmont

Raphaëlle Branche historienne, maîtresse de conférences à l’université de Paris 1, publie un ouvrage sur les prisonniers de la guerre d’Algérie.

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LES PRISONNIERS DE LA GUERRE D’ALGERIE
Frère Luc du monastère de Tibherine dont on sait l’enlèvement et la fin tragique en 1996 avait déjà connu la capture.
C’était le 1er juillet 1959 en pleine guerre d’Algérie.
Les hommes en armes qui l’avaient enlevé, ne le libèrent que 5 semaines plus tard.
En Algérie contre toute attente, le FLN fit des prisonniers militaires et civils, des hommes et des femmes pour internationaliser le conflit grâce à l’action de la Croix Rouge internationale, beaucoup moururent.

PREMIIERES APLICATIONS DE LA CONVENTION DE GENEVE
Cette histoire est la première application de la convention de Genève lors d’un conflit, qui jusqu’ alors n’avait jamais été réalisée.
L’auteur essaie de redonner vie, réinscrire dans notre mémoire et dire au plus près l’expérience de ces prisonniers de la guérilla, témoins étranges d’une guerre dont on a largement perdu le sens.

UNE GUERRE COLONIALE
Cette guerre a oublié l’existence des prisonniers civils.
On ne savait pas comment les dénommer.
Il y eu plus de 500 civils français enlevés, et 400 militaires français également.

DES ARMES PSYCHOLOGIQUES DE CHOIX
Soumis à la rigueur de la vie au maquis, les chances de survie des prisonniers étaient faibles.
Les négociateurs eurent peu d’intérêt pour ces prisonniers.
A la fin de la guerre l’histoire des prisonniers est tombée dans l’oubli.
Il n’y eu pas en France une journée de souvenir officielle des disparus avant 2003.
En France, le souvenir de la guerre d’Algérie et des combats au Maroc et en Tunisie est fixé le 5 décembre, de chaque année.
Mais rien n’a été fait spécialement pour les prisonniers ni pour les disparus, contrairement aux Etats Unis, où il y a une commémoration le troisième vendredi de septembre.

LE GOUVERNEMENT SOCIALISTE DE GUY MOLLET NE RECONNAIT PAS L’EXISTENCE DE PRISONNIER
Le gouvernement socialiste(SFIO) de l’époque de Guy Mollet n’a jamais reconnu au FLN la capacité de faire des prisonniers, à fortiori d’avoir des otages.
L’autorité de militaire n’informait pas les familles en France que leurs fils ou frères étaient prisonniers.
On parlait au départ non de guerre, mais de maintien de l’ordre.
Raphaëlle Branche éclaire par ses recherches une tâche sombre de notre histoire, les prisonniers ou plutôt les disparus.
C’était le terme utilisé.
Un travail salutaire est indispensable pour toutes ces personnes, mortes, torturées, et qui sont tombées dans l’oubli.
Il n’y eu pas d’échanges de prisonniers, lors des accords de paix.

Raphaëlle Branche, Prisonniers du FLN, éditions Payot Rivages, janvier 2014, 285 pages, 21 euros.
visuel : couverture du livre

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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