Essais
Monstre sacré : Paul-Loup Sulitzer revient sur la gloire, la chute et ce qui les a motivées

Monstre sacré : Paul-Loup Sulitzer revient sur la gloire, la chute et ce qui les a motivées

26 août 2013 | PAR Yaël Hirsch

Le businessman et auteur de thriller financier à succès des années 1980 et 1990 livre un texte personnel sur sa vie, où il revient à la fois sur ses succès et sa rude chute d’il y a 15 ans. Un livre mégalomaniaque, obsessionnel, à l’écriture (par l’auteur même?) est très maladroite, mais qui est à sa manière et à temps, touchant.

[rating=2]

paul loup sulitzer monstre sacréIl fut un temps où pour nous mettre l’eau à la bouche, Laurent Voulzy chantait dans « Foule Sentimentale ». « On est Claudia Schiffer / On est Paul Loup Sulitzer/ Ah le mal qu’on peut nous faire ». La top model de Dortmund a l’air de bien se porter, mais le magnat du « western financier » semblait mal en point, même si on l’a encore vu le 21 juillet dernier à la fameuse fête nationale des belges à St Tropez. Et pour cause, son divorce coûteux d’avec sa dernière femme, « l’Angolagate » où il a été accusé et son AVC qui l’avait laissé plusieurs mois sur fauteuil roulant semblaient avoir marqué la fin des années frics qu’il a pu représenter, il y a une quinzaine d’années. Il revient néanmoins, avec un livre si mégalomane, et si maladroit que Bernard Pivot ne pourra suspecter aucun nègre, un roman à ellipses truffé de phrases fières et d’exagérations à imaginer des chevilles plus grosses que des pylônes d’électricité en Montagne. Sulitzer avance tout avoir prévu et inventer, de la mise en scène de l’auteur contemporain à l’élection de Sarkozy…

Et pourtant malgré un « moi » »moi » »moi » et des auto-congratulations assez lassantes et malgré un carnet photo angoissant de peopolardise ringarde, il y a des passages touchants dans ce livre où les plus motivés sauront trier pour retrouver quelques pages sur le père, quelques jolies déclarations d’amour ou de guerre à certaines de ses (très nombreuses) femmes et surtout un récit digne de la chute libre que l’auteur de « Money » (1980), « Cash » (1981), « Fortune » (1982) et « Le roi vert » (1983) a connue. Derrière l’égotisme insupportable et la mégalomanie qui fait plus que friser le déni de la réalité, il y a une constance chez Sulitzer qui est plus que rassurante. Elle touche aussi un peu ceux qui ne seraient pas immédiatement allergiques au personnage.

Paul-Loup Sulitzer, « Monstre Sacré », Éditions du Rocher, 230 p., 18 euros.

« Mes livres apportaient des réponses à des questions complexes, aussi bien qu’un traité d’économie politique internationale. mais contrairement aux manuels d’économie, ils étaient divertissants. En lisant mes livres, on s’amusait, on riait, on tremblait, on pleurait. le suspense rendait la lecture passionnante, on découvrait les rouages de la finance de façon ludique. » p. 69.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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