Essais
Lionel Jospin livre ses réflexions sur l’héritage de Napoléon

Lionel Jospin livre ses réflexions sur l’héritage de Napoléon

03 avril 2014 | PAR Jean-Paul Fourmont

Lionel Jospin ancien premier ministre revisite deux siècles d’histoire de France et d’Europe.

[rating=4]

le mal napoléonienLA PLACE DE NAPOLEON BONAPARTE
Lionel Jospin s’interroge sur la place de Napoléon Bonaparte dans l’histoire de France.
L’essai de l’ancien premier ministre est celui d’un homme politique informé des ressorts du pouvoir et animé d’une certaine idée de ce que sont à travers le temps, les intérêts de son pays.
Bien entendu, l’auteur ne s’inscrit pas dans la « légende dorée » ni  dans la » la légende noire » de Napoléon.
La gloire de Napoléon est une évidence à laquelle il ne porte pas atteinte, ni son génie et son talent, ni la puissance de travail de l’administrateur, ni même le brio du propagandiste.
Pour Jospin, si le règne de Napoléon a été bénéfique pour l’Europe, pour la France l’auteur estime que les ambitions proclamées, les moyens déployés, les sacrifices exigés, et les résultats obtenus la réponse est non.
L’empire a fini dans le désastre comme le second empire.
Le général Boulanger et Pétain qui se sont proclamés comme des successeurs de Napoléon ont échoué.

NAPOLEON A BOULEVERSE L’EUROPE
Napoléon a bouleversé l’Europe et n’a pas su fixer à sa puissance des fins réalistes susceptibles d’être tolérées par les autres et d’être rendues pérennes.
Il a dressé contre lui le conservatisme et les forces libérales.
La légende napoléonienne a été lancée par la publication du »mémorial de sainte Hélène » (1823).
Lionel Jospin est un homme politique et son analyse s’en ressent.
On ne pouvait attendre un livre historique.
C’est le prisme politique qui domine et c’est l’intérêt de cet ouvrage.
Ce livre est très complet et très documenté.
Il est incontestable que Napoléon « a saigné « la France et qu’il y a eu beaucoup de morts et de blessés.
On reproche à l’auteur d’être plus favorable à « Napoléon le petit », mais il ne faut pas oublier qu’il y a eu plusieurs périodes dont certaines étaient plus libérales.
Charles de Gaulle est évoqué et qualifié de grand républicain et de parfait démocrate ( il critique la position de Mitterrand par rapport au général et notamment de son ouvrage » le coup d’état permanent ».
Même s’il qualifie les circonstances de son arrivée au pouvoir en 1958 comme un « 18 BRUMAIRE », sans l’atteinte aux libertés.
Il attribue sans démagogie, la véritable place du colonel la Rocque dans l’histoire (il fut déporté pour sa résistance).
Il dénonce à la fin de son essai, le nouveau mal qui ronge, les démocraties « le populisme ».
Il égratigne au passage le président du parti de gauche (ancien sénateur socialiste) pour son admiration pour l’ancien président du Venezuela Chavez.
Un essai incisif et captivant et parfois piquant.

Lionel Jospin, Le mal napoléonien, éditions le seuil, mars 2014, 240 pages, 19 euros.

visuel : couverture du livre

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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