Essais

« Les enfants fantômes »

« Les enfants fantômes »

27 mai 2014 | PAR Jean-Paul Fourmont

Laurent Dejoie notaire à Vertou, président du notariat francophone (ANF), ancien président du notariat français, et Abdoulaye Harissou secrétaire de l’ANF et président de la commission du groupe de travail à ce titre à l’union internationale du notariat, publient une enquêtes sur les enfants fantômes avec une préface de Robert Badinter.

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les enfants fantomesUN CONSTAT ACCABLANT
En Chine on compte 1 ,3 milliard d’habitants, par exemple.
Ce chiffre est en dessous de la réalité, car on ne tient pas compte des enfants non déclarés (hei haizi), c’est à dire les enfants » noirs « qui seraient 13 millions et qui n’ont aucun droit.
Il y a de lourdes sanctions financières (plus de 40000 euros pour un deuxième enfant non autorisé par exemple) et mêmes des avortements forcés sont pratiqués, si les couples ont plus d’enfants que la loi n’autorise.
Les minorités comme ceux du Tibet sont durement réprimées, par ces pratiques contre leur enfant.

En Russie, on trouve aussi des enfants privés d’existence administrative, faute du tampon de résidence (propiska).

LES ENFANTS FANTOMES
Ils sont des centaines de millions de par le monde, en Afrique, en Asie, et en Europe.
Privés d’un des droits de l’homme les plus fondamentaux, celui d’avoir une identité reconnue, ils n’existent tout simplement pas pour les administrations de leurs pays.
N’ayant pas été enregistrés à la naissance parce que trop compliqué, trop cher, parce qu’ils étaient loin de tout ou pris dans des conflits ou issus de minorités nationales, de groupes ethniques ou apatrides non assimilés, ces enfants fantômes n’ont pas accès à la santé ni à l’éducation et peuvent être les victimes de trafics ou d’abus les plus sordides.

DES SOLUTIONS EXISTENT POUR FAIRE CESSER CE TROUBLE
Les auteurs se battent avec d’autres pour faire cesser ce scandale.
Il faut promouvoir l’état civil dans les pays en développement.
Les auteurs décrivent cette mobilisation pour que les enfants du monde aient droit à une identité.
Ce combat est porté par l’Unicef.

Le combat des auteurs pour un problème juridique méconnu est louable.
La convention internationale relative aux droits de l’enfant de 1989 dont on célèbre cette année le 25 ème anniversaire, rappelle que l’enfant doit être enregistré aussitôt après sa naissance et a dès celle-ci le droit à un nom.
Cette carence administrative et politique pousse les enfants à se prostituer ou à devenir des enfants soldats ou encore à travailler malgré leur jeune âge dans des conditions de violence.
Il est indiqué dans le livre qu’il y a un rapport étroit entre la faiblesse des taux d’enregistrement des naissances et l’illettrisme des parents, l’appartenance à une minorité ethnique ou le fait de vivre en milieu rural.
Ce problème est important car cela empêche les enfants de suivre ou de poursuivre leurs
Etudes.

Il y aurait sur la planète, plus de 400 millions d’enfants fantômes, chiffre approximatif.
Ce combat pour faire cesser la pratique des enfants fantômes doit être encouragé.
Comment ne pas penser aux vers de Victor Hugo :
« Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne
Quatre vingt dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne savent pas lire et signent d’une croix
C’est dans cette ombre là qu’ils ont trouvé le crime
L’ignorance est la nuit où commence l’abime
Où rampe la raison, où l’honnêteté périt »

Les enfants fantômes, Laurent Dejoie et Abdoulaye Harissou, préface de Robert Badinter, éditions Albin Michel, mai 2014, 170 pages, 16 euros.

visuel : couverture du livre

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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